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Le symposium “Think Asia, think Hong Kong”

Écrit par Sabine ALAGUILLAUME le 3 décembre 2014. Rubrique Web TV

Bienvenue à Hong Kong

Le symposium “Think Asia, think Hong Kong” qui vise à promouvoir Hong Kong comme plateforme commerciale vers le reste de l’Asie et particulièrement vers la Chine, s’est tenu à Paris le 28 octobre 2014 au Carrousel du Louvre. Cet événement économique majeur, a réuni plus de 1200 personnes du monde des affaires et de la politique.

Margaret Fong, Executive Director HKTDC


Organisé par le Hong Kong Trade Development Council (HKTDC), l’événement intitulé “think Asia, think Hong Kong” se tenait pour la première fois en France, au Carrousel du Louvre à Paris. Plus de 1200 représentants d'entreprises et d'institutionnels de France, de Hong Kong, et de Chine continentale sont venus assister à cette journée d’information destinée aux entrepreneurs français souhaitant aborder les marchés asiatiques à partir du premier hub commercial et financier d’Asie. Jack So, Président du HKTDC, ouvrait la cérémonie en insistant sur les opportunités prometteuses que réserve Hong Kong aux entrepreneurs et investisseurs, en tant que véritable plaque tournante de l’Asie. Reçu en qualité d’invité d’honneur, John Tsang, Secrétaire aux Finances de la Région Administrative Spéciale de Hong Kong de la République Populaire de Chine, s’est longuement attardé sur la qualité du partenariat exceptionnel qui lie la France à Hong Kong. « Cette confiance réciproque conduit à des opportunités commerciales très importantes » a-t-il souligné. Ajoutant aussitôt que près de 20 000 ressortissants français résident déjà à Hong Kong, et que de plus en plus d’entrepreneurs et d’entreprises y tentent l’aventure, souvent avec succès. En effet, sur les 3800 entreprises étrangères installées dans la région administrative spéciale, 750 sont françaises, soit près de 20 %. M. So a aussi insisté sur la très bonne réputation dont la France bénéficie à Hong Kong. Les entreprises chinoises apprécient le savoir-faire tricolore, notamment en matière de technologies vertes et d’innovation industrielle. C’est ainsi que, parmi les 13 sociétés à qui les autorités locales ont donné carte blanche pour imaginer le Hong Kong de demain à travers le projet “Wise City”, se retrouvent les groupes Bouygues, Thales, Suez, Veolia Environnement ou encore Somfy et Citilog. « Les Français contribuent à façonner Hong Kong », concluait Matthias Fekl, Secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme et des Français à l’étranger. Il rappelait aussi la participation de la France à « la construction du métro local, la rénovation du tramway, à l’édification de ponts, dont celui en cours entre Hong Kong et Macao, sans oublier des gratte-ciel. Ce qui ne doit pas faire oublier que la moitié des sociétés exportatrices sont des PME. Au total, c’est un chiffre en constante progression : en 4 ans, les exportations françaises à destination de Hong Kong ont doublé, pour atteindre en 2013, 4,8 milliards d’euros ».

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Exportations françaises en hausse
Pour la France, c’est tapis rouge…

Pour expliquer cet engouement, Jack So rappelait les nombreux atouts économiques et administratifs de Hong Kong, largement plébiscités par les entreprises déjà installées : la simplicité administrative, avec la possibilité d’enregistrer une entreprise en 24 h, la stabilité et la convertibilité de la monnaie, indexée sur le dollar US ou encore une fiscalité avantageuse. « L’imposition maximum est de 15 %, précisait M. So, sans TVA ni taxes sur les plus values ou les dividendes. Ce faible niveau de fiscalité encourageant les investissements et expliquant la prospérité des affaires ». Depuis 20 ans, Hong Kong est d’ailleurs classée économie la plus libérale du monde, selon l’Heritage Foundation. Fort de ces atouts, le volume d’échanges entre la France et Hong Kong a progressé de 7,7% à 9 milliards d’euros en 2013. Hong Kong représente le deuxième excédent commercial de la France, qui est devenue le 14ème pays fournisseur de Hong Kong. Matthias Felk ne manque pas de souligner que « le volume des exportations a doublé en 4 ans et l’emporte sur celui des importations. Le business de manière générale y est facilité par un environnement exceptionnel, et les indéniables atouts d’une population hautement qualifiée, parlant couramment anglais, avec une jeunesse dynamique. Rentre aussi en ligne de compte l’excellente position géographique de Hong Kong, aux portes du continent chinois. Dès lors, Hong Kong apparaît vraiment comme un partenaire essentiel pour tous ceux qui font le pari de l’Asie ». En outre, si le rayonnement de la France a bien dépassé le territoire de Hong Kong, c’est aussi que la ville est une véritable vitrine pour les consommateurs chinois. 80% des 54 millions de visiteurs de Hong Kong en 2013 sont des Chinois venus faire leur shopping de produits de marque, parmi lesquels les marques françaises sont très bien représentées. Le panier moyen est de 800 € ! Si les Chinois viennent à la France via Hong Kong, la France peut aussi aller à la Chine, via Hong Kong toujours… « Après avoir longtemps été la première usine du monde, la Chine devient le premier marché du monde » lance Paul Yang.

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Vers Hong Kong et au delà !

Hong Kong est évidemment un marché intéressant, avec une population dynamique de 7 millions de personnes, et une classe moyenne en pleine croissance. “Le territoire génère 275 milliards de PIB sur 1100 kilomètres carrés” rappelle Paul Yang, directeur général BNP Paribas Hong Kong. Mais il n’y a pas de frontières rigides, et  « aux portes de la Chine et de l’Asie en général, avec le Japon, la Corée, etc, Hong Kong est un épicentre international pour le commerce et les finances insistait M. So. Nous facilitons l’exploration asiatique. A Hong Kong, nous ne tolérons aucune corruption, laissons librement circuler les capitaux. Et avec plus de 40 bureaux au total, dont 13 en Chine continentale, le HKTDC peut vraiment faciliter l’accès au marché asiatique ». Concrètement, le HKTDC apparaît comme un palier facilitateur pour entreprendre et conquérir la Chine sans se heurter aux barriers de la langue, des lois ou de la culture. Constatant la montée en puissance des économies asiatiques et du déplacement progressif des marchés vers l’Est, Sir C K Chow, Président du Hong Kong Exchanges, démontrait à son tour combien Hong Kong était idéalement placée « pour accompagner les entreprises françaises et européennes désireuses de vendre leurs produits et services en Asie, et plus particulièrement en Chine continentale. Plus qu’un centre de service, Hong Kong devient un tremplin pour les investisseurs étrangers en Chine ». C’est bien évidemment là tout le sens du nom même du symposium : « Think Asia, think Hong Kong ». Cette accélération du rythme du business avec la Chine est largement soutenue par l’internationalisation de la monnaie locale, le renminbi (RMB) ou yuan.

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Le renminbi, monnaie forte

En quelques années, le renminbi (RMB)est devenu la deuxième devise dans les échanges mondiaux… devançant l’euro ! C’est une évolution rapide que les entreprises françaises ne peuvent ignorer au risque de perdre des parts de marché irremplaçables en Chine. En effet, la stratégie des autorités chinoises consiste à internationaliser pleinement le RMB pour en faire une alternative au dollar, qui connaît des fluctuations, et sécuriser leurs réserves. Pour les entreprises françaises qui opèrent, ou prévoient d’opérer sur le marché chinois, l’internationalisation du RMB offre une plus grande souplesse dans le trafic des paiements ou les investissements. Les vendeurs peuvent réduire les coûts de la couverture des risques du change tout en abaissant leurs prix car ils facturent en monnaie locale. Ils profitent de prix plus bas, pour un risque de change qu’ils peuvent couvrir. Et pour les exportateurs, les coûts administratifs sont réduits. Au delà de géants comme Airbus ou Air Liquide, des PME françaises se sont déjà mises à l’heure du RMB. Ainsi, Sideme, importateur de gros électroménager, a ouvert un compte à Hong Kong pour régler directement ses fournisseurs chinois sans être impacté par la baisse de l’euro, et en obtenant d’eux des tarifs plus avantageux.

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Directeur France, Espagne, Portugal HKTDC

Le HKDTC assure une promotion bilatérale de Hong Kong (exportations comme importations). Or Hong Kong a aujourd’hui besoin d’importer des matières premières pour réexporter des produits finis vers l’énorme marché que constitue la Chine. D’où l’importance de ce congrès réuni pour la première fois à Paris, qui plus est dans le cadre prestigieux du Louvre. Et l’affluence démontre bien l’importance de l’intérêt que les entreprises françaises portent à l’Asie, à Hong Kong et à la Chine continentale, et vis versa. Il s’agit bien évidemment d’une opportunité majeure de croissance pour les entreprises et l’emploi en France. Les touristes chinois sont de plus en plus nombreux à Hong Kong, avec un fort pouvoir d’achat, et attirés par les marques de luxe mais aussi, plus généralement, par l’art de vivre à la Française. Si Hong Kong est une magnifique vitrine, il reste à pénétrer le reste du marché chinois et asiatique… En sachant que 2 produits sur 3 importés sont déjà réexportés, dont 40 % sur le reste de la Chine… Hong Kong est un véritable hub de distribution et il convient de ne pas rater le train de la conquête de marchés en pleine expansion.

 

HKTDC ?

Le HKTDC ou Hong Kong Trade Development Council est un organisme para-gouvernemental chargé de promouvoir le commerce extérieur de Hong Kong. Fondé en 1966, il organise une trentaine de salons professionnels, publie une quinzaine de magazines sur les produits de Hong Kong et gère une base de données de 100 000 entreprises hongkongaises.

 

Hong Kong, un cas particulier

Colonie britannique à partir du traité de Nankin (1842), rétrocédée à la Chine en 1997 soit 155 ans plus tard, Hong Kong demeure radicalement différente du reste de la République populaire de Chine. Une loi fondamentale particulière détermine son régime politique. Elle obéit au principe «un pays, deux systèmes», qui permet à Hong Kong de conserver son système légal, sa monnaie, son système politique, ses équipes sportives internationales et ses lois sur l’immigration. Selon les termes de la déclaration sino-britannique commune, la Chine a promis que Hong Kong garderait une relative autonomie jusqu’à au moins 2047, soit 50 ans après le transfert de la souveraineté.