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Préparateurs culinaires : Les robots prennent le pouvoir !

le 17 janvier 2019.

20180117 ROBOT LEGUMESEnregistrant des progressions à deux chiffres depuis trois ans, les robots chauffants boostent cette année encore les résultats du PEM culinaire. Toujours plus fonctionnels et designés, ces derniers allient désormais la connectivité à la valeur d’usage.

La cuisine “fait maison” est toujours d’actualité en 2018. Elle l’est d’autant plus que la médiatisation de la tendance - via les nombreuses émissions TV - accroît le succès des appareils destinés à la préparation culinaire et à la cuisson des aliments. Résultat, un cercle vertueux garant de la croissance - à priori pérenne - du marché. Au cours de ces dernières années, les marques ont en effet su anticiper les attentes des consommateurs pour une alimentation à fois “plaisir” et saine. De leur côté les consommateurs cherchent aujourd’hui plus que jamais à concilier santé et cuisine. Pour ce faire, ils n’hésitent pas à s’équiper d’appareils performants qui se révèlent de surcroît économiques à l’usage. Si les industriels ont parfaitement su accompagner cette tendance ces dernières années, c’est qu’ils ont travaillé en priorité la facilité d’usage d’appareils rendant de plus en plus facile la préparation des repas. Résultat, faire la cuisine est aujourd’hui devenue un plaisir tout en permettant de manger mieux, le tout sans forcément dépenser plus… Ainsi, le segment Préparation culinaire du Pem progresse-t-il de 2,1 % en valeur et de 3,5 % en volume en 2017.

Un marché riche de disparités…

Bref, « simples d’utilisation et synonymes de gain de temps et de cuisine saine, la plupart des équipements du segment de la préparation culinaire continuent à performer en 2017 », confirme Damien Chicaud, Directeur statistiques et études du Gifam. Attention toutefois car la préparation culinaire englobe une grande diversité d’appareils proposant chacun une manière spécifique d’accompagner le consommateur dans la réalisation de ses repas. Résultat, tous les équipements ne profitent pas de la même façon de la tendance “fait maison” et de la cuisine plaisir.
C’est le cas des appareils mono fonction comme les batteurs et autres mini-hachoirs dont le chiffre d’affaires est en retrait en 2017. Les premiers reculent ainsi de près d’1 % et les seconds de 4,7 %. Les robots “pâtissiers” type kitchen machine ne font pas mieux. Avec un manque à gagner en volume de 5,2 % et un recul de 7,5 % de leurs ventes en valeur, ils accusent même carrément le coup… « Avec un taux d’équipement important, les kitchen machine ont atteint leur cible en un temps record et l’âge moyen du parc ne permet pas, pour le moment, un renouvellement important », poursuit ainsi Damien Chicaud (Gifam). Patience donc ! Dans l’immédiat, la plupart des autres segments de la préparation culinaire - robots multifonctions et blenders notamment - enregistrent des progressions à deux chiffres sur la période étudiée. Rien d’étonnant à cela lorsqu’on sait que les services R&D des industriels se concentrent tout particulièrement sur ces catégories d’équipements ces dernières années…

Les robots multifonctions donnent le ton !

Différenciation oblige, les marques signent chaque année de nouvelles innovations, accompagnent leurs équipements de livres de recettes de plus en plus haut de gamme et signent des partenariats avec les chefs étoilés et les écoles de cuisine. Et ça marche ! Il apparaît ainsi clairement que ce sont les produits bénéficiant le plus d’innovations et de partenariats avec les cuisiniers professionnels qui enregistrent fort logiquement les progressions les plus significatives. A commencer par les robots multifonctions qui confirment en 2017 leur performance des années précédentes. Leur succès ne faiblit effectivement pas ces derniers mois… Pour rappel, cette famille de produits bénéficie d’une croissance à deux chiffres de ses ventes valeur depuis 2013 avec un pic à 32,6 % en 2015, selon le Gifam. « L’adéquation entre les attentes des consommateurs sur ce segment et les réponses apportées par les industriels est parfaite. D’un côté, les Français souhaitent cuisiner eux-mêmes afin de mieux maitriser leur alimentation, de l’autre, les robots multifonctions - toujours plus simples et efficaces - accompagnent et assistent au quotidien le consommateur dans la préparation des repas », précise Damien Chicaud (Gifam).
Si les robots multifonctions savent tout faire - râper, émincer, hacher, mixer, presser, pétrir, etc. - ils gagnent par ailleurs en praticité ces dernières années. Nettement moins encombrants qu’auparavant, ils bénéficient par exemple de nouveaux espaces de rangement pour les accessoires et la connectique, au niveau du bol, du socle, voire dans des boites à part. Plus compacts, ils progressent également en termes de puissance. La plupart des modèles disposent désormais d’une ou deux vitesses, certains étant même équipés d’une touche pulse, permettant de booster la machine et d’obtenir une meilleure finition. Enfin, les modèles les plus haut de gamme intègrent un moteur asynchrone, plus silencieux.

Le show des robots chauffants

Rien d’étonnant donc à ce que le segment enregistre en 2017 une nouvelle augmentation de son chiffre d’affaires et de ses volumes : respectivement + 9,7 % et + 1,9 %. Un succès dû avant tout au très dynamique sous segment des robots chauffants, appareils permettant d’accompagner pas à pas le consommateur dans la préparation de ses recettes, de A à Z, y compris lors de l’étape la plus importante : la cuisson. Renseignements pris auprès des industriels du marché, les robots chauffants confirmeraient d’ailleurs leur performance sur les premiers mois de l’année 2018, avec une augmentation de leur chiffre d’affaires de plus de 20 % à fin mai. La performance n’est toutefois pas nouvelle… En effet, depuis trois ans, les ventes de ces appareils multifonctions qui découpent, mixent, pétrissent et mijotent, s’envolent, malgré un prix moyen souvent supérieur à 1 000 euros. Mieux, il s’en vend quelque 700 000 unités par an et 11 % des foyers sont déjà équipés… Autre miracle, alors que le Made in China règne sur un certain nombre de segments de l’électroménager, ces appareils haut de gamme sont tous - ou presque - fabriqués en France.
Une success-story qui s’explique avant tout par la valeur ajoutée apportée par cette catégorie de produits. Outre la cuisson, les robots chauffants proposent en effet nombre d’avantages. Ils guident par exemple pas à pas l’utilisateur via des interfaces digitales souvent simples, voire des applications proposées par les marques pour piloter l’appareil depuis son smartphone ou sa tablette (voir plus loin). Au final, les utilisateurs sont accompagnés à chaque étape de la recette et surtout inspirés pour en essayer de nouvelles. « Ces appareils font ainsi monter en compétence, et donc en plaisir », confirme-t-on au Gifam. Enfin et surtout, grâce à leurs nombreuses fonctions de programmation, les robots chauffants offrent à leurs utilisateurs la - précieuse ! - opportunité de s’affranchir des taches de surveillance. D’où liberté et gain de temps, avec en outre la possibilité pour le cuisinier amateur de se concentrer sur l’essentiel : les associations de saveurs et de produits entre eux, la création de recettes, l’assaisonnement, etc. Au final, c’est la promesse d’obtenir un résultat quasi professionnel qui séduit.  D’autant que les fabricants proposent, dans leur grande majorité, des livres de recettes contribuant à guider encore mieux le consommateur. « Ainsi, sans se substituer au cuisinier amateur, ces appareils et leurs accessoires aident les utilisateurs à gagner en expertise culinaire », confirme Sylvain Cossettini, S.A.S. Kitchen Chef.

Blenders : des innovations qui tranchent…

Avec une augmentation valeur de plus de 5 %, les blenders figurent également en bonne place sur la période concernée… A noter surtout qu’ils font mieux en volume que les robots multifonctions - c’est-à-dire les robots chauffants - sur la période étudiée : respectivement + 10,9 % versus + 1,9 %. Des chiffres d’autant plus intéressants que comme pour la famille des robots multifonctions, « ce sont les modèles chauffants qui apportent l’essentiel de sa valeur au segment des blenders », précise Vincent Bougeard, Directeur Marketing et Communication Kenwood. Rien d’étonnant à cela lorsqu’on sait que c’est cette famille de produits qui la première - bien avant les robots multifonctions chauffants - a permis de démocratiser et de faire connaître la fonction cuisson sur les appareils de préparation culinaire. Bref, « même si cette catégorie de produits ne permet pas réellement de cuisiner, elle a toujours sa place sur le marché pour la réalisation de potages, veloutés et autres consommés, sans oublier la possibilité de préparer - à froid - jus de fruits, smoothies et autres cocktails », fait ainsi remarquer Jérémy Palluel, Category Manager Préparation culinaire BSH.
D’autant que les blenders chauffants ne sont pas sans offrir certains avantages. Les industriels ont en effet progressé en termes d’automatisation des machines. Résultat, via des panneaux de commandes proposant - comme sur les robots multifonctions - une interface intuitive et ludique à l’utilisateur, les blenders chauffants offrent de plus de plus de programmes automatiques, permettant en un clic - sur la bonne touche ! - de lancer la préparation d’une soupe veloutée, d’un mouliné, d’un potage avec morceaux ou encore d’une sauce. « Sur notre blender Naturamix 2, les programmes de cuisson et de mixage sont prédéfinis. Il suffit d’actionner une touche pour démarrer la réalisation de sa recette. Résultat, l’équipement est accessible à tout type d’utilisateur, même les plus novices en cuisine », poursuit Sylvain Cossettini, PDG S.A.S. Kitchen Chef.
Bref, les appareils du moment répondent parfaitement aux attentes des utilisateurs. C’est le cas chez Kitchen Chef, mais également chez Tristar. « Le Nova Soup Maker et le Soup Blender Princess continuent à enregistrer des ventes importantes chez nos partenaires distributeurs, c’est pourquoi nous avons décidé de compléter notre offre avec un autre blender chauffant, mais à la marque Tristar cette fois. Celui-ci proposera une montée en gamme en termes de puissance et de capacité, mais également de design », confie ainsi Francois-Xavier Laurent, Responsable développement Tristar.

Like a Kitchen Machine* !

Comme évoqué plus haut, les robots pâtissiers type kitchen machine ne sont pas à la fête ces derniers mois. Pour autant, les industriels ne baissent pas les bras, mais au contraire s’inscrivent - sur ce segment aussi - dans une logique de montée en gamme. Ainsi, si le Cooking Chef Gourmet de Kenwood est toujours le seul robot pâtissier cuiseur du marché, il peut cuire désormais jusqu’à 180 °C, offrant ainsi l’accès à des recettes jusqu’alors irréalisables dans un robot classique (légumes sautés, chips de légumes, acras, popcorn, caramel, etc.). Résultat, l’équipement fait plus que jamais la différence sur le segment des kitchen machine. D’autant que « son utilisation est simple et intuitive avec un écran facilement accessible permettant de programmer en quelques clics de nombreuses recettes de l’entrée au dessert », détaille Vincent Bougeard (Kenwood).
Bref, des kitchen machine aux robots chauffants, il n’y a qu’un pas que certains industriels n’hésitent pas - ou plus - à franchir. C’est le cas de Kenwood, mais également de KitchenAid qui deux ans après son entrée sur le marché des robots chauffants en est déjà à la deuxième version de son Cook Processor Artisan. « Avec des fonctions optimisées et une offre d’accessoires complète pour répondre à tous les besoins, il est plus ergonomique que son prédécesseur. Le préparateur culinaire cuiseur dispose par ailleurs de 6 modes automatiques liés chacun à un vaste choix de recettes disponibles dans le livre de recettes ou sur l’application dédiée », argumente Yann Beuzet, Directeur commercial KitchenAid France. En effet, chez KitchenAid comme chez nombre d’industriels du secteur, cuisine rime désormais avec digital… Et ça marche ! Les appareils associés à un environnement digital (application, site internet, réseaux sociaux, etc.) sont ceux qui aujourd’hui font la différence auprès de consommateurs/cuisiniers qui aime plus que jamais cultiver un sentiment d’appartenance à une communauté. De fait, l’appétence des utilisateurs de robots vers cette facilité d’usage est telle que les différents acteurs du marché considèrent de près l’aspect digital dans leur stratégie, voire l’intègre à 100 %.
Un sérieux appétit de connectivité !
L’application de KitchenAid évoquée plus haut suscite par exemple un très fort engouement. Proposant plusieurs centaines de recettes, elle s’enrichit par ailleurs chaque semaine d’un menu complet (entrée, plat, dessert) élaboré par un chef. Elle permet également et surtout de partager ses propres réalisations - avec photos à l’appui - et de liker les plus beaux plats. Idem chez Kenwood où le tout nouveau robot cuiseur kCook Multi Smart signé Kenwood semble déjà annoncer ce que sera la cuisine de demain… Grâce à son application unique, il est possible de cuisiner à distance tout en vaquant à ses occupations préférées. « L’utilisateur passe ainsi moins de temps en cuisine tout en préparant des plats sains, faits maison, et en quantité idéale selon le nombre de personnes conviées », précise-t-on chez l’industriel. A noter également la balance connectée du kCook qui envoie automatiquement le résultat de la pesée à l’appareil, ce qui permet de gagner encore plus de temps tout en cuisinant plus précisément. Enfin et surtout, le cuisinier amateur peut enfin partager ses avis et la photo de son plat favori sur les réseaux sociaux.
Au final, il est d’ores et déjà possible d’imaginer nombre de scénarios autour du futur de la préparation culinaire connectée. Equipés d’une commande vocale - certains industriels travaillent déjà à cette possibilité - et connectés aux autres équipements du foyer, ces appareils seront ainsi (très) bientôt capables de communiquer entre eux et avec leurs utilisateurs. Il est ainsi possible d’imaginer « un robot connecté à un réfrigérateur, proposant des recettes en fonction des aliments disponibles et endossant ainsi le rôle d’assistant culinaire autonome », conclut Damien Chicaud (Gifam). Bref, ne tardez pas à passer à table car c’est déjà demain !
*Comme une kitchen machine.

 5 tendances sur le marché des robots

  • Polyvalence : les robots concentrent toujours plus de fonctions.
  • Sécurité : systèmes de verrouillage et autres freins moteur permettent une utilisation sécurisée des appareils.
  • Nettoyabilité : les appareils sont de plus en plus démontables, sans aspérités et donc facilement lavables.
  • Esthétique : les nouvelles gammes sont particulièrement designées et colorées, ce qui autorise une utilisation en toutes circonstances, voire une installation permanente de la machine sur le comptoir d’une cuisine ouverte ou au centre d’une cuisine en îlot.
  • Ecologie : Les machines deviennent durables et sont désormais fabriquées en matériaux recyclables.
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