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Cuisine intégrée : Une ouverture pour l’encastrable…

Écrit par Laurent Feneau le 2 juillet 2018.

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Pièce préférée des Français, la cuisine s’agrandit, s’ouvre et intègre un nombre croissant d’équipements qualitatifs. Une tendance qui accélère le développement de la cuisine intégrée et en aval celui de l’électro-encastrable culinaire…

Buzz sur le “bien manger” et mode du fait maison aidant, la cuisine est plus que jamais tendance. Et avec elle la pièce qui s’y rapporte ! La cuisine reste en effet la pièce préférée des Français (source IPEA) et l’espace de la maison dans lequel on passe plusieurs heures par jour, pour préparer les repas mais également les déguster. Et bien sûr se détendre en famille… Rien d’étonnant donc à ce que 40 % des Français associent le bien-être à une cuisine bien équipée. Dès lors, ils sont prêts à investir, à mettre plus cher pour des produits répondant réellement à leurs attentes. « Le marché de la cuisine tend d’autant plus à se développer que cette pièce s’ouvre de plus en plus sur le salon, cette tendance créant de nouveaux besoins et de nouvelles attentes chez le consommateur, en termes de design mais également de performance des équipements (hottes) », explique d’emblée Christian Sarrot, secrétaire général du Syndicat National de l’Equipement de la Cuisine (SNEC). Autant d’arguments favorables au développement de la cuisine intégrée et en aval, à l’achat de meubles qualitatifs et d’équipements culinaires encastrables à forte valeur ajoutée.

Performance trois étoiles pour le meuble de cuisine !

Conjoncture favorable pour la cuisine intégrée donc mais également pour l’ensemble du marché de la cuisine. Celui-ci se sent pousser des ailes ces derniers mois et est à nouveau en mesure de tirer l’ensemble du marché du meuble. D’autant que contrairement à la literie, le segment n’a pas connu de début d’année difficile en 2017 selon les derniers chiffres de l’IPEA. Loin s’en faut… Les meubles de cuisine enregistrent en effet – tous segments du meuble confondus – la meilleure performance sur la période étudiée en augmentant leur chiffre d’affaires de 4 %. Mieux, côté production (voir plus loin), c’est le seul segment qui voit son activité progresser sur le dernier exercice. A l’exception d’un mois d’avril atone où la production n’a fait que se maintenir (-0,3 %), le segment affiche ainsi des croissances supérieures à 8 % pour les autres mois de l’année 2017.
Le segment est également soutenu par une consommation dynamique, progressant au même rythme que 2016 (2,3 %). Rien d’étonnant à cela lorsqu’on sait que l’année 2016 avait déjà sonné l’heure de la reprise pour le meuble de cuisine, malgré une situation encore compliquée sur le marché du BTP et de l’immobilier. Le grand bond en avant des transactions immobilières en 2017 (+16 %) ne pouvait donc se traduire que de manière positive pour le segment étudié. Au-delà, les bons résultats du secteur sont à rapprocher du dynamisme de ses différents circuits de distribution (voir aussi plus loin). « Avec des spécialistes qui jouent pleinement leur rôle et animent en permanence le marché et une grande distribution qui redéploie son offre produits/services de manière pertinente, le segment est bien positionné pour performer en 2018 », confirme ainsi Christophe Gazel, directeur de l’IPEA. Et force est en effet de constater que, pour l’année en cours, les perspectives (toujours) favorables sur le marché de l’immobilier ­– neuf comme ancien – devraient permettre au segment d’enchainer avec une troisième année de croissance.

De nombreux leviers de croissance…

En amont du marché de l’immobilier, le secteur du bâtiment confirme en effet son dynamisme au premier trimestre 2018, malgré un léger ralentissement (+2,5 % contre +3,5 % au 4e trimestre 2017). Au-delà, selon la CAPEB*, le net progrès des autorisations de construction et des mises en chantiers de logements – respectivement +8 % et +12,5 % en cumul sur un an – augure une croissance pérenne dans le neuf sur le reste de l’année. Mieux, sous l’effet de la reprise économique, l’emploi repart dans l’artisanat du bâtiment (+1,5 % sur un an)… Résultat, la reprise confirmée du marché du bâtiment et la forte croissance des transactions dans l’immobilier permettent au meuble de cuisine de performer à nouveau sur les cinq premiers mois de l’année, avec une progression de plus de 3 % de ses ventes en cumul annuel selon les derniers chiffres de l’IPEA.
On l’aura compris, le segment bénéficie de nombreux leviers de croissance pour confirmer ses performances ces prochains mois. D’autant que contrairement aux autres univers du marché du meuble, il reste pour le moment relativement épargné par la concurrence de la vente en ligne. Le consommateur étant encore sensible au service et au conseil lors de l’achat d’un meuble de cuisine, il se rend volontiers en magasin. Certaines enseignes n’hésitent d’ailleurs pas à facturer ce service, avec succès… Enfin, les ventes sur le segment bénéficient d’un contexte favorable à l’offre de crédits à la consommation. Les ménages profitent effectivement de taux d’intérêt très bas ces derniers temps. Cette tendance favorise ainsi le crédit auprès des foyers français et dynamise fort logiquement la demande, le tout constituant un élément porteur non négligeable pour l’équipement de la maison. Certes, l’offre de crédits concerne tous les segments du meuble, sauf que l’achat de meubles de cuisine constitue un achat plus impliquant par rapport aux autres catégories de meubles… Cela est d’autant plus vrai que selon l’IPEA, le budget moyen consacré à la cuisine continue à progresser ces derniers mois. De 2 300 euros par an en moyenne, c’est tous segments du meuble confondu, le plus élevé. Et de loin… Il est ainsi plus de deux fois supérieur à celui du rembourré (915 euros) et cinq fois plus élevé que celui de la literie (460 euros).

Croissance intégrée…

La relative importance du budget moyen consacré au meuble de cuisine n’est pas le fruit du hasard mais est à rapprocher du succès rencontré par la cuisine intégrée ces dernières années. D’autant que le prix moyen de ce type de cuisine est à la hausse ces dernières années. « Le prix moyen d’une cuisine intégrée – hors électroménager et hors pose – est de 2 896 euros (TTC) contre 2 720 euros en 2013, soit une progression de 6,5 % sur cinq ans. Cette augmentation du panier moyen s’accompagne d’une modification de la composition même des cuisines avec une démocratisation de la cuisine en U et de celle avec îlot central », confirme ainsi Christophe Gazel (IPEA).
Bref, l’engouement des Français pour ce type d’aménagement ne se dément pas et le potentiel de développement du marché reste énorme. En effet, le taux d’équipement des ménages français demeure largement inférieur à celui de ses voisins européens (voir plus loin : marché des équipements encastrables). Il se situe juste au-dessus des 60 % alors qu’il atteint voire dépasse les 75 % dans certains pays de l’Est et franchit la barre des 90 % dans certains pays frontaliers de la France. Tous les espoirs sont donc permis pour le marché français de la cuisine intégrée, d’autant qu’on note sur les cinq dernières années, un abaissement significatif de la durée de vie moyenne des cuisines intégrées installées, cette dernière passant de 23 à 21 ans.
Quoi qu’il en soit, le meuble de cuisine reste indéniablement porté par les achats de cuisines intégrées en 2018. Comme évoqué plus haut, l’importance grandissante que les Français accordent à leur cuisine et les efforts qu’ils sont désormais prêts à consentir pour cette pièce confortent plus que jamais cette famille de produits. A noter enfin que la cuisine intégrée n’est plus seulement l’apanage des propriétaires, les prix pratiqués par la distribution et l’amélioration de l’offre entraînent effectivement un regain d’intérêt chez les locataires de plus en plus nombreux à investir sur ce segment. Au final, tirée par ce potentiel non négligeable et des intentions d’achat reparties à la hausse, le marché de la cuisine intégrée progresse de quelque 19 % sur la dernière décennie.

Production : tous les segments à la hausse !

Performance pour les meubles dédiés à la cuisine intégrée, mais également pour l’ensemble des meubles de cuisine qui tirent l’ensemble de l’industrie française de l’ameublement ces dernières années. Selon l’IPEA, celle-ci doit désormais plus d’un quart de sa valeur de production à la cuisine, et ce malgré l’augmentation très forte des importations européennes ces dix dernières années, en provenance notamment d’Allemagne. Les importations de cuisines fabriquées outre-Rhin continuent à tenir une place importante sur l’Hexagone et l’année 2018 ne change pas la donne en la matière. Rappelons en effet que la France continue à faire figure d’eldorado en raison de son faible taux d’équipement – et de renouvellement ! – sur le mobilier de cuisine. Et davantage encore sur la cuisine intégrée.
Résultat, face à une concurrence européenne accrue, les industriels français n’ont pas d’autre choix que de passer la vitesse supérieure… Deux pistes s’offrent aux fabricants de l’hexagone pour se développer : soit “booster” l’exportation comme le font les Allemands, soit élargir le territoire d’expression du sur-mesure en misant sur une offre davantage qualitative...  Et si l’on tient compte de la part de marché du meuble de cuisine en éléments montés et sur mesure (près de 64 %), il semblerait que les producteurs de l’hexagone aient opté pour la deuxième option… Certes, le meuble en kit progresse lui aussi, mais de moindre façon : sa part de marché passe de 10,5 à 11 % sur les deux dernières années.
Bref, progressant sur l’ensemble de ses segments, l’industrie française du meuble de cuisine se porte bien. « Les industriels de l’Hexagone ont élargi leur assortiment en multipliant les offres de meubles de cuisine mais aussi de services associés comme le sanitaire et l’électroménager. De plus, certains acteurs gagnent du terrain sur le séjour voire les autres pièces de la maison en développant un rôle d’agenceur. Sur ce métier d’agenceur des pièces à vivre, le contrôle du réseau de distribution est essentiel, ce qui devrait prochainement donner naissance à de nouveaux points de vente et de nouveaux concepts », anticipe-t-on du côté de l’IPEA. Dans l’immédiat, le coût d’accès au marché reste et demeure élevé et il ne reste que peu de places pour des outsiders n’ayant comme circuit de distribution que des indépendants. Au final, sur l’univers de la cuisine plus que sur les autres segments du meuble, l’industriel doit non seulement pouvoir fournir produits et services mais également participer activement à l’animation du marché.

Fabricants et distributeurs main dans la main ?

« L’animation des réseaux de distribution est plus que jamais essentielle », confirme Christian Sarrot (SNEC). Et de préciser, « Elle requiert souvent un travail collaboratif entre industriels et spécialistes cuisine, d’autant que le consommateur est devenu volatile et n’est plus forcément fidèle à une marque ou à une enseigne ». En attendant, les spécialistes cuisine campent ferme sur leurs positions et augmentent leur CA de 6% en 2017. Alors qu’ils font face à des acteurs alignant des moyens beaucoup plus conséquents que les leurs, ils confirment ainsi leur performance de 2016** et continuent à développer leur réseau ces derniers mois. Mieux, la domination du marché français par trois groupes puissants, qui ne cessent d’investir, n’empêche pas le maintien voire l’émergence d’acteurs de plus petite taille… Y aura-t-il pour autant de la place pour tous en 2018 ? Rien n’est moins sûr… Comme évoqué plus haut, le coût d’accès au marché est désormais élevé – tant pour les industriels que pour les distributeurs. D’autant que les grands réseaux tendent à s’étoffer et qu’une partie des spécialistes de moindre taille peine à générer suffisamment de trafic. Bref, la puissance de l’enseigne compte de plus en plus et il devient essentiel de développer un savoir-faire CRM*** afin d’optimiser la fréquentation du point de vente.
Au final, les prochains mois devraient creuser l’écart entre les acteurs qui savent travailler avec des outils de back-office performants et ceux qui restent sur une simple communication produits. Pas de panique toutefois ! Aux côtés des grandes chaînes organisées, certains indépendants qui – comme évoqué plus haut – jouent leur carte en partenariat avec des industriels proposant une véritable différenciation, continuent à tirer leur épingle du jeu. « La différenciation entre les points de vente passera de plus en plus par le produit mais également et surtout par l’expérience client et la mise en scène des magasins, ce qui ne sera pas sans conséquences sur les besoins d’investissements dans de nouvelles implantations et la formation des équipes de vente », anticipe Christophe Gazel (IPEA). La plupart des spécialistes cuisine se sont déjà engagés dans ce sens. Ces derniers misent en effet plus que jamais sur le service et le conseil tout en proposant une offre collant au plus près des attentes du consommateur d’aujourd’hui, structurée en majeure partie autour d’équipements à forte valeur ajoutée et plus particulièrement autour de l’encastrable.

Un taux d’équipement en constante progression

Et ils font bien car l’encastrable performe en 2017. Selon les derniers chiffres du Gifam, le chiffre d’affaires du GEM encastrable fait en effet un grand bond en avant de 6,1 % tandis que la pose libre progresse de 1,8 % seulement. Une dynamique largement due aux résultats du segment des équipements de cuisson (+3,7 % en 2017), ce dernier apportant au marché de l’encastrable, l’essentiel de sa valeur sur la période étudiée. « La progression de l’électro-encastrable culinaire n’est pas nouvelle, le marché bénéficiant des investissements des foyers français depuis une dizaine d’années. On note toutefois une accélération des ventes en 2017 », analyse ainsi Damien Chicaud, Directeur Statistiques et Etudes du Gifam (voir encadré). Cette accélération est d’autant plus notable que le marché bénéficie en amont de nombreux moteurs de croissance. A commencer par un certain effet mode autour de la gastronomie. Celui-ci continue d’autant plus à encourager la cuisine “fait maison” que la médiatisation de la tendance – via les nombreuses émissions TV – accroît davantage encore le succès des appareils destinés à la cuisson des aliments et à leur préparation. Résultat, un cercle vertueux, garant de la croissance à priori pérenne du marché, car soutenue par une augmentation lente mais régulière du taux d’équipement des foyers français.
Une bonne nouvelle pour le marché hexagonal de l’encastrable sur lequel les marges de progression sont plus élevées par rapport aux autres pays d’Europe de l’Ouest dans lesquels le taux d’équipement des ménages est plus important. Ainsi, si à l’ouest de l’UE, la part de l’encastrable par rapport à la pose libre gagne du terrain (+1,2 % en un an) et représente désormais 42 % des ventes globales du GEM, les disparités sont grandes entre les pays. L’Allemagne et les Pays-Bas sont ainsi dans le peloton de tête, avec respectivement 54,6 % et 54,7 % pour l’encastrable. Idem pour l’Autriche et la Belgique où l’encastrable est majoritaire devant la pose libre. A contrario, les pays du sud de l’Europe – Grèce, Espagne, Portugal et Italie – ferment la marche avec moins de 30 % pour l’encastrable. La France, très naturellement, se situe à mi-chemin avec une part d’encastrable de 37 %.
Bref, le marché hexagonal de l’encastrable continue à évoluer et à se construire. Lentement mais sûrement. Comme évoqué plus haut,  le plaisir de cuisiner et la place importante accordée à la cuisine dans les foyers génèrent effectivement des achats sur des équipements performants et à forte valeur ajoutée.

Se prendre un four ?

Ces derniers concernent avant tout les fours encastrables, second segment le plus performant du marché de l’encastrable en 2017. Les fours encastrables progressent en effet de 7,2 % en volume et de 4,7 % en valeur sur la période étudiée. « Un univers avant tout dynamisé par le sous-segment des fours à pyrolyse, traditionnellement générateur de valeur », commente Jean-Noël Micheau, chef de produit Fours BSH. Toutefois, cette catégorie de produits – très bataillé – subit une forte érosion des prix sur la période étudiée comme l’atteste le delta volume/valeur du segment total des fours (2,5 points). Le marché n’en reste et demeure pas moins dynamique, tiré – comme évoqué plus haut – par le segment des fours à pyrolyse pesant pour l’essentiel des ventes. En effet, en dépit du recul des prix, les marques poursuivent leurs efforts afin de créer de la valeur, notamment en mettant sur le marché des produits à forte valeur ajoutée, c’est-à-dire des appareils fiables au niveau des résultats de cuisson, simples d’utilisation et bénéficiant de design haut de gamme. « Si notre volonté est de démocratiser la technologie pyrolyse auprès d’un maximum de consommateurs, nous n’en misons pas moins sur la qualité des matériaux – inox notamment – qui participe de l’élégance de nos gammes de fours encastrables notamment pour le nouveau iQ500 à la marque Siemens », poursuit Jean-Noël Micheau (BSH).
Car force est de le constater, les équipements ont en effet acquis élégance et haut niveau d’expertise culinaire au fil des années. Leurs prestations assurent en effet désormais sécurité, facilité d’emploi et garantissent un résultat parfait, des recettes les plus simples aux plus élaborées. C’est entre autres les cas chez Electrolux qui mise à 100 % sur la cuisson vapeur pour ces prochains mois. « Nous souhaitons développer la vapeur sur la base de notre savoir-faire professionnel. D’où le four à chaleur tournante PlusSteam qui grâce à sa fonction vapeur permet d’obtenir des plats savoureux et moelleux, mais également et surtout le Combisteam qui associe le meilleur des deux technologies, vapeur et chaleur tournante, pour cuisiner comme un chef », développe Peggy Mourmant-Galtier, Directrice Marketing Electrolux France. Enfin, les dernières générations de fours encastrables jettent des passerelles vers le vaste univers du Smart Home. « La connectivité est une priorité chez BSH et déjà une réalité avec la gamme iQ 700 de Siemens et la série 8 de Bosch. Prochaine étape en novembre avec une nouvelle gamme connectée à la marque Nef – dont un four ­– et dès 2019, de nouveaux fours connectés chez Bosch et Siemens. A horizon 2020, la majorité de nos fours sera ainsi connectée », complète Corinna du Crest, Directrice Marketing et Communication BSH.

Les micro-ondes se refont une santé !

Sans faire aussi bien que les fours, les micro-ondes encastrables s’en sortent bien en 2017. Après un léger recul ces dernières années, leurs ventes retrouvent en effet le chemin de la croissance, tant en volumes (+1,8 %) qu’en valeur (+3 %). Rien d’étonnant à cela quand on sait qu’avec le réfrigérateur et le lave-linge, le micro-ondes est l’un des appareils les plus présents dans les foyers français. Pour rappel, plus de 2,5 millions d’appareils se vendent chaque année et plus de 90 % des ménages en sont désormais équipés… A noter toutefois que le dynamisme de ce segment est à porter au crédit des micro-ondes encastrables. « Cette catégorie d’équipements enregistre en effet une croissance très forte et le marché est en progression depuis dix ans avec un taux d’équipement qui augmente chaque année », confirme Margaux Godard chef de produit cuisson Whirlpool.
Bref, tirés par l’encastrable, les micro-ondes se portent bien ces derniers mois. Un succès qui se confirme d’autant plus que les études les plus récentes tendent à remettre en cause l’impact supposé de ces appareils sur la santé et l’environnement. Celles-ci rappellent par exemple qu’avec un micro-ondes, seule l’eau contenue dans l’aliment est chauffée. Résultat, le reste de l’aliment s’échauffe par conduction avec l’eau et garde l’essentiel de ses qualités nutritionnelles et organoleptiques. Bref, contrairement aux idées reçues, les micro-ondes n’affectent pas la structure des aliments, pas plus que leurs qualités. Les modèles les plus récents tendraient même à préserver saveurs et textures des plats les plus délicats. « Grâce leurs fonctions Crisp et CrispFry, les nouveaux micro-ondes W Collection peuvent être utilisés pour cuire ou faire frire des plats, sans ajout de matière grasse, pour des aliments plus sains, croustillants à l’extérieur et moelleux à cœur », poursuit ainsi Margaux Godard (Whirlpool).
Enfin, toujours plus compacts et inscrivant l’évolution de leurs formes et lignes dans celles des fours traditionnels, les micro-ondes bénéficient chaque année davantage d’un design élégant et discret. Chez Amica par exemple, le nouveau micro-ondes AMB8025 a été pensé pour s’accorder parfaitement au design de la gamme Integra. « En colonne, au-dessus d’un four Amica, il crée ainsi une ligne esthétique unique dans la cuisine. A noter également qu’il  est doté d’un grill, de 8 programmes, et d’une capacité de 25 l », commente Virginie Grandclaudon, Directrice Marketing Amica.

Hottes d’or…

Si la hotte décorative – en îlot notamment – participe de cette esthétique globale de la cuisine et semble à ce titre avoir la faveur du public ces dernières années, 2018 vient remettre les pendules à l’heure entre les différents segments de cette catégorie d’équipements. L’encastrable est en effet loin d’avoir dit son dernier mot… D’autant que toute aussi discrète qu’efficace, la hotte de cuisine encastrable dispose de sérieux atouts. A commencer par celui de s’intégrer dans la cuisine en toute simplicité. Souvent dissimulée sous un meuble de rangement en partie haute, elle s’accorde en effet facilement avec les autres équipements culinaires environnants et devient quasi invisible. Pour rappel, il existe deux types de hottes encastrables : la hotte escamotable classique composée d’une façade de meuble raccordée au reste de la cuisine, et la hotte filtrante installée sous un meuble haut. Quoi qu’il en soit, les deux participent actuellement de la dynamique du segment des hottes encastrables qui, une fois n’est pas coutume, affiche tous segment du marché de la cuisson confondue, la plus belle progression valeur de 2017. +11,4 % en valeur et +5,5 % en volume, difficile de faire mieux pour une catégorie de produits qui, fort d’un delta volume/valeur de 5 points, affiche un prix moyen en hausse et contribue très largement à la performance valeur de l’électro encastrable culinaire sur la période étudiée.
Bref, si la hotte a longtemps été le parent pauvre de l’encastrable, cette époque semble bel et bien révolue. « Le taux d’équipement en encastrable – notamment sur les hottes –étant encore peu élevé en France par rapport aux autres pays européens, le marché bénéficie d’un rattrapage mécanique. D’autant que le consommateur est beaucoup plus sensible au design des appareils qu’auparavant et qu’il n’hésite plus à investir sur des hottes élégantes, discrètes et à forte valeur ajoutée en termes de fonctionnalités », explique Philippe Reverseau, Directeur Elica, filiale France, Belgique, Luxembourg.
Whirlpool relève lui aussi le défi et propose de nouvelles hottes encastrables tout aussi élégantes qu’astucieuses. Grâce au capteur 6ème Sens, les hottes W Collection permettent par exemple d’adapter automatiquement le niveau d’aspiration au volume de vapeurs dégagé par la cuisson en cours. En outre, leur connectivité leur permet de communiquer avec la table de cuisson W Collection pour ajuster avec encore plus de précisions le niveau d’aspiration. Autant d’économies d’énergies donc et un bon point pour l’environnement !

Le durable passe à table !

Les tables de cuisson encastrables ne sont pas en reste en termes de développement durable et de nombreuses fonctions comme les minuteries éco permettent de réduire une consommation d’énergie déjà très faible. La désactivation automatique de la cuisson et l’exploitation de la chaleur résiduelle offres en outre la possibilité de n’utiliser que la chaleur absolument nécessaire. Enfin, la flexibilité de la zone de cuisson participe également de la durabilité des équipements les plus récents. Sur les nouvelles tables Whirlpool par exemple, les dix foyers indépendants peuvent être associés ensemble pour former une seule grande table de cuisson (FlexiFull) ou différentes zones de cuisson et ainsi travailler en consommant seulement l’énergie strictement nécessaire.  « L’écran TFT 4.5 pouces MySmartDisplay va également dans ce sens et – via quelques 100 combinaisons de cuisson – offre une assistance pas à pas pour cuisiner au degré près », ajoute Yan Martial, Directeur Marketing France.
Au-delà, devenue la technologie quasi exclusive sur le segment des tables (80 % de parts de marché, l’induction participe elle aussi de la durabilité des équipements toute en offrant nombre d’autres avantages. « Non seulement l’induction permet d’éviter toute déperdition de chaleur, mais elle offre également à l’utilisateur l’assurance de bénéficier d’une cuisson rapide et précise. Sans oublier bien sûr la sécurité avec sur chaque table la délimitation précise de la zone de chaleur », confirme Estelle Blampain, Chef de produits Tables et Hottes BSH. Côté chiffres, sans faire aussi bien que les hottes encastrables et les fours, les tables s’en sortent très bien en 2017. Toujours selon le Gifam, celles-ci progressent en effet de 4,5 % en volume et de 3,2 % en valeur. Malheureusement, comme le segment des fours, celui des tables de cuisson est déflationniste… La baisse des prix amorcée il y a maintenant une dizaine d’années se poursuit en 2017. Le prix de vente moyen recule ainsi fortement comme le laisse deviner le delta de plus d’un point entre les ventes volume et valeur de cette famille de produit. Certes, la tendance déflationniste du segment contribue à l’accessibilité des équipements, mais minimise aussi la performance valeur du marché… Bref, l’univers des tables de cuisson – réservé aux marques nationales jusqu’à une période assez récente – évolue à vitesse grand V. De plus en plus concurrentiel, il accueille chaque année de nouveaux intervenants. D’autant que les marques généralistes ont appris à travailler l’encastrable et sont également dans la course depuis quelques années avec des offres de solutions d’appareils encastrables complètes. Au final, il n’y aura peut-être pas de places pour tout le monde autour de la table…•

* Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment
** Le chiffre d’affaire des spécialistes cuisine progressait déjà de près de 6 % fin 2016.
*** Customer Relationship Management