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Le commerce de demain, phygital et durable

Écrit par Deborah Koslowski le 23 août 2019. Rubrique France

20190823 salon Paris retail weekRendez-vous incontournable de la rentrée, le salon parisien dédié au retail et au e-commerce revient pour une 5e édition. C’est ainsi que, du 24 au 26 septembre prochain, les nouvelles tendances du commerce seront présentées.

«Paris Retail Week est, et restera, le plus grand événement européen dédié au commerce connecté et physique », a tenu à rappeler Arnaud Gallet, Directeur du salon, en amont de cette nouvelle édition. Une nouvelle édition qui, comme tous les deux ans, se tiendra indépendamment d’Equipmag (biennal plus axé agencement du magasin, NDLR), mais attend tout de même la visite d’au moins 25 000 professionnels au sein de Paris Expo Porte de Versailles. « En plus des 600 entreprises participantes, plus de 200 interventions sont prévues sur l’événement, entre les ateliers, les workshops et les conférences plénières », a-t-il, par ailleurs, précisé. Du contenu, une chose est sûre, ce rassemblement disruptif n’en manquera pas !

De nombreuses nouveautés

Et pour cause : l’ambition derrière ces dispositifs, ainsi que derrière les nouveaux qui vont être mis en place pour le rendez-vous de 2019, est d’apporter de la valeur ajoutée. « Nous sommes le seul événement à même de répondre concrètement aux 8 challenges business que se posent les visiteurs », a-t-il estimé. Parmi ces défis, nous retrouvons la question de l’intégration de l’omnicanalité, l’innovation dans le marketing, la vente ou, encore, dans l’optimisation de la logistique. « Tous les visiteurs inscrits sur le salon nous ont fait part de leur challenge à relever dans l’année. En fonction de ce déclaratif, nous allons pouvoir les router vers les ateliers, conférences et pitches corrélés à leurs attentes. Ils auront également accès à une liste d’exposants capables de leur répondre », a-t-il, ensuite, détaillé. Une meilleure orientation, promesse de plus d’efficacité, tant pour les sociétés qui exposent que pour les visiteurs. L’idée étant « de faire du spécifique dans la masse tout en engendrant plus de pertinence et de visibilité ».
Commerce omnicanal, innovation marketing, logistique, marketing B2B, marketplaces, nouveaux paiements, parcours client agile et utilisation data… des problématiques auxquelles font face tous les commerçants de nos jours. C’est la raison pour laquelle elles auront, chacune, un mentor - professionnel du secteur - pour les incarner. Ces derniers auront, notamment, pour mission d’échanger avec les visiteurs à l’occasion des déjeuners thématiques, de parler des sujets sus-cités lors des conférences et de prodiguer leurs conseils. Un consortium d’experts qui sera, par ailleurs, chargé de remettre les Paris Retail Awards (le 24, de 17 h 30 à 19 h) - « prix emblématiques du secteur qui récompensent les fournisseurs de solutions de services marchands ». Autre nouveauté et pas des moindres : les Innovation Tours. Il est ici question de trois visites guidées, coordonnées par Accenture, ayant pour objectif de permettre aux visiteurs de découvrir les innovations des exposants qui correspondent à leurs besoins.

5 tendances phares

Pour inspirer, certes, mais - vous l’aurez compris - surtout pour apporter des solutions aux problématiques des retailers. Car chamboulé, le retail - qu’il soit physique ou numérique - l’est autant que le reste de la société. C’est pourquoi, avec Havas Paris, l’organisation de la Paris Retail Week a cherché à dégager quelles pouvaient bien être les nouvelles grandes valeurs du commerce… et à les décrypter ! C’est ainsi que dans leur édifiante étude, baptisée Shopper Observer (réalisée auprès d’un panel de consommateurs français, chinois et américains), nous apprenons que, pour continuer de générer du trafic, les points de vente se doivent d’être plus respectueux de l’environnement, à tous les niveaux. Pour 80 % des Français, le commerce génère, en effet, trop de pollution (contre 75 % des Chinois et 55 % des Américains). Une prise de conscience mondiale qui impacte les modes de consommation : un peu partout fleurissent, désormais, des boutiques de biens matériels d’occasions (aussi appelés “Second Hand”, NDLR). Une démarche jugée éco-responsable par le public, qui se plaît à consommer en limitant son incidence sur l’écosystème. Un enseignement qui sera incarné sur le salon puisque « les espaces communs, à l’instar de la zone start-up, seront totalement réutilisables », a confié Arnaud Gallet qui, de son propre aveu, a admis qu’un salon « pouvait, potentiellement, créer beaucoup de déchets ». Le fait de pouvoir tester les produits est aussi un critère très important pour les acheteurs finaux : 82 % des Français estiment qu’un de leur vrai plaisir dans le shopping est de pouvoir toucher les produits et les essayer (vs 73 % des Américains et 85 % des Chinois).
Exigeants, les consommateurs le sont. C’est ainsi que l’analyse a aussi démontré que 66 % des consommateurs français souhaitaient se rendre dans des magasins dont l’offre change souvent et qui proposent régulièrement de nouvelles expériences (vs 67 % des Américains et 96 % des Chinois). Des sites physiques qui ont leur importance, puisque 69 % des consommateurs français ont également envie que les marques, présentes uniquement sur Internet, ouvrent des points de vente en dur (vs 58 % des Américains et 88 % des Chinois). Des boutiques qui, selon eux, ont également plus que jamais besoin du digital. L’ère du numérique a, en effet, complètement rebattu les cartes du jeu des brick&mortar pour 69 % des Français, 72 % des Américains et 88 % des Chinois. Grâce à l’Intelligence Artificielle, notamment, ces derniers s’estiment mieux compris des distributeurs. « Il n’est plus possible, aujourd’hui, d’opposer le digital au physique. Il est vrai que le magasin est revenu en force, du fait des besoins des acheteurs de tester les produits, d’échanger avec les vendeurs et de vivre des expériences. Mais les jeunes pousses qui font leur entrée dans le retail viennent, pour beaucoup, du digital et insuffle de la nouveauté », a analysé le responsable de l’événement. Des changements qui ont la capacité d’enrayer les éventuelles ruptures entre expérience online et expérience offline. « Et à partir du moment où nous pensons le digital au service de l’expérience client, il n’est pas possible de se tromper », a-t-il conclu. •