Imprimer

#conext : La data au service de l’intelligence artificielle

Écrit par Renaud Parquet le 19 février 2018. Rubrique France

20180219 conecxt

Les datas sont la nouvelle pépite à collecter. Dans le commerce elles servent notamment à mieux appréhender les besoins, les désirs et la façon de consommer. Le salon #conext qui s’est tenu à Lille du 17 au 19 octobre a mis l’accent sur quatre axes majeurs : le retail intelligent, la data intelligente, les comportements des clients, et la supply chain. Confortique vous en livre un aperçu.

Pour sa 21e édition, le salon #conext de Lille a mis le cap sur le commerce intelligent. En effet, l’agrégation des données, et de l’intelligence artificielle, offre à l’ensemble des commerçants, physiques ou en ligne le moyen de pouvoir davantage capter les consommateurs. « Le client est de nos jours beaucoup plus connecté que ne le sont les magasins, explique Didier Farge, le Directeur du salon. La collecte de la donnée va donc permettre aux retailers de comprendre les besoins de leur consommateur, qui devient un consommacteur ».

La collecte de la data

La méthodologie de collecte de la donnée change. Les univers logués s’avèrent être bien plus efficaces. En se connectant, les internautes délivrent un grand nombre d’informations les concernant. Bien plus qu’en surfant. Il y a par exemple cinquante fois plus de données sur les sites logués que sur les sites classiques. C’est une des raisons qui expliquent la puissance des Gafa, détentrices d’un grand nombre de données sur leurs utilisateurs.
Grâce à la donnée, les commerçants sauront ce que recherchent les clients. Le machine learning pourra permettre d’anticiper les achats à venir. Le chat bot par exemple pourra ainsi donner aux consommateurs les lieux recherchés dès lorsqu’il s’en rapprochera, et leur fournir toutes les informations nécessaires, sur ce qu’il cherche, grâce à leur smartphone. « Il y a encore quelques années, les datas représentaient 5 % de la structure de collecte, aujourd’hui il est possible d’en agréger 20 %. A partir de 100 % il sera alors très aisé d’anticiper les désirs des consommateurs, en leur proposant le produit parfaitement idoine », explique Didier Farge.
L’espace de New Shopping experience qui réunit 36 lab, et 24 enseignes présentent au public toutes les dernières innovations en la matière. « Chaque projet n’est validé qu’à l’unique condition d’être accompagnée par une enseigne », prévient Bruno Dubois du Picom.
Leroy Merlin a, de son côté, mis en place une étude pour capter de l’information par la reconnaissance virtuelle et pour déceler les passages des clients devant ses rayons. Il sera dorénavant possible de savoir ce que recherche un client en un temps donné. Dans la même veine, Promod IVS est en mesure de cartographier les zones chaudes ou froides d’un point de vente. Cette carte pourra mesurer et définir ce qui intéresse ou non un client, en fonction là encore de ses passages dans un rayon. Il pourra également apporter une information sur le taux de transformation en magasin. Une donnée capitale pour le commerçant, capable de réajuster en cas de faible taux. Mais une fois la data collectée, faut-il encore savoir la traiter. Certaines start-up lancent des logiciels afin d’augmenter la recommandation d’achats.

La recommandation pour attirer le consommateur

L’affaire est entendue de nos jours. 80 % des clients regardent sur internet avant d’aller se rendre en magasin. Grâce à l’intelligence artificielle, en mesure d’agréger de la donnée glanée sur l’ensemble des sites, elle peut faire des recommandations d’achats. C’est justement l’idée lancée par Smartcart, une start-up basée dans le nord. « Grâce aux données des réseaux sociaux, et à l’intelligence artificielle d’IBM, Smartcart est en mesure de faire des propositions de produits directement aux consommateurs », explique l’un des fondateurs. La jeune entreprise travaille avec Bricomarché afin de créer une communauté sur Facebook. Ainsi en agrégeant de la donnée, elle informera un internaute de venir s’équiper en climatiseur en raison d’une prochaine vague de chaleur. « Ce système est en quelque sorte une tête de gondole en ligne, personnalisée, servant d’ultra recommandation auprès des consommateurs ». Grâce également à la communauté de clients en ligne, il est tout à fait envisageable de faire des propositions très ciblées en fonction de l’intérêt commun des membres de cette même communauté.
Afin d’anticiper sur l’approvisionnement des stocks, et donc des ventes, Vekia a lancé en collaboration avec Eram un système innovant un peu semblable à celui proposé par Smartcart, mais à l’inverse. Autrement dit, le logarithme sera en mesure de donner des indications d’approvisionnement des stocks en s’appuyant sur des données météo ou collectées sur Facebook. Le niveau de précision avoisine les 90 % selon le cabinet d’étude Gartner.
La recommandation passe aussi et avant tout par la mise en place d’émotions entre une marque et son potentiel client.

L’émotion un bon vecteur d’achat

Toutes les études marketing le montrent, une marque capable de créer une émotion, et donc une interaction avec son hypothétique client aura plus de chance de le fidéliser. 87 % des internautes comparent les marques pour n’en retenir qu’une. Quand une marque accroit son niveau de service par exemple, en prenant en compte les besoins de ses acheteurs, elle impacte durablement sa volonté d’acheter. Alors quelle est la clé ? Selon Alice Pietronic, de chez Pix Me Up, la vidéo est un excellent moyen d’augmenter de l’émotion auprès d’une communauté d’acheteurs. « La vidéo s’avère être bien souvent le premier contact entre un futur client et une marque. Surtout qu’elle est multicanal et peut toucher tous les supports ». Mais cette émotion peut également se créer à travers le jeu, que l’on nomme Serious Game. Le jeu forme l’engagement d’un utilisateur à l’égard d’une marque. Or l’intelligence artificielle a certes de nombreuses qualités, mais elle ne dispose pas (encore ?) de capacités émotives. C’est en cela que la collecte de la donnée peut renforcer l’intelligence artificielle à capter justement les clients à venir. Car en disposant d’information sur ces derniers, elle sera en mesure de leur apporter l’émotion, nécessaire à l’acte d’achat. Mais une fois l’achat réalisé, l’attention qu’ont pu avoir les marques pour leur client ne doit en rien s’amenuiser. Bien au contraire. Avis Vérifié a eu l’idée de créer un service dédié aux avis clients. « Nous constatons que pour qu’un client soit en confiance il faut qu’il puisse avoir des avis différents. Souvent seule l’insatisfaction est moteur d’expression. Ainsi dès l’acte d’achat réalisé, nous envoyons un courriel au client de sorte qu’il puisse donner son avis sur la marque à qui il a fait confiance. Cela permet d’accroitre la e-réputation, et de livrer une bonne image de marque », explique un des membres d’Avis Vérifiés.
Nous sommes définitivement entrés dans une nouvelle ère du commerce. Face à un client hyper connecté et de plus en plus informé, les retailers ont dû trouver une parade. L’intelligence artificielle est une des réponses à l’atomicité et la volatilité des “consommacteurs”, couplée à la donnée, il sera ainsi plus facile d’attirer l’attention de ces derniers. Il ne restera ensuite qu’à simplement faire son métier… de commerçant.•