Imprimer

CES Paris : L’intelligence artificielle au service de l’homme !

Écrit par Renaud Parquet le 19 février 2018. Rubrique France

20180219 CES Paris

Le 24 octobre dernier se tenait le traditionnel Unveiled de Paris. Une présentation de ce que sera le CES de Las Vegas. Et cette année, l’intelligence artificielle revêt des allures de solutions aux problèmes de pollution, aux problèmes urbains, et de santé. Elle sera dans les années à venir partout. Confortique vous livre les grandes lignes de ce cru 2017.

«La France est un acteur majeur du développement des hautes technologies. En l’espace de treize ans, sa présence a fait un bond de 300 % dans les travées du CES de Las Vegas », se félicite Gary Shapiro, Directeur général du salon international. Voilà pourquoi le CES organise un pré salon en octobre à Paris pour mettre en avant les start-ups françaises et faire un état des lieux des prochaines animations et des événements du CES. Au-delà de ce cocorico trop souvent rabroué par les déclinologues de tout poil, c’est le tissu entrepreneurial français qui est mis à l’honneur. Elle se place à la deuxième place derrière les Etats-Unis en matière de créations technologiques et d’objets connectés. De manière globale, le secteur des hautes technologies connait une effervescence, puisqu’il pèse 321 milliards de dollars. D’ailleurs, le CES parvient à rassembler un grand nombre de pays autour de ces projets de demain, 158 pays seront représentés du 9 au 12 janvier au CES. Ces applications et autres écosystèmes représentent un enjeu à la fois économique, environnemental, social, sociétal, en somme ces technologies seront partout. Mais à quoi ressemblent ces ingrédients de la haute technologie ? Petit tour d’horizon.

Les ingrédients de la haute technologie

Après l’ère de la 3G, et de la 4G vient celle de la 5G. Elle est un des axes majeurs du CES 2018. Elle s’appliquera à des domaines comme les télécommunications, l’industrie, mais aussi dans la robotique, ou la sécurité. Créée en 2001, la 3G permettait de télécharger un film en une journée, grâce à la 5G, il ne faudra que 36 secondes, le gain en matière de rapidité de transmission est exponentiel. L’intelligence artificielle est l’autre grand volet de cet événement mondial. En effet, la machine pourra apprendre par elle-même, c’est le machine learning. Les débouchés sont particulièrement prometteurs, et les applications se retrouveront dans tous les domaines. Par exemple dans la santé. Google travaille à l’élaboration d’un système capable de faire des fonds d’œil en totale autonomie. Mais aussi dans l’automobile, avec des véhicules en mesure de se conduire seule. Cette technologie pose à l’inverse un grand nombre de questions quant à la chaine de responsabilité en cas d’accident. L’intelligence artificielle pourra grâce à la donnée procéder également à des recommandations sur des questions de santé, ou dans tout autre domaine. La maison sera à terme une mine de technologie. Xavier Dalloz, expert en nouvelle technologie, l’a d’ailleurs prédit : « Dans quelques années, la maison, la smarthome sera intégralement connectée. Et le modèle économique sera transformé. La valeur d’usage primera et nous payerons pour obtenir un service. Par exemple les frigos connectés nous indiqueront les produits manquants et seront en mesure de passer commande. Ce service sera facturé ». L’aspiration, le chauffage, ou encore la tonte de la pelouse seront effectués automatiquement - ce qui est déjà un peu le cas - et chaque appareil sera mis à la disposition des usagers moyennant finance, pour le service effectué. Mais les applications vont encore plus loin. Toshiba par exemple travaille à l’étude d’un robot conversationnel, afin de permettre d’entretenir une discussion avec des personnes par exemple seules. Grâce à l’assistance vocale, il sera alors très facile de piloter l’ensemble de sa smarthome.
La biométrie progresse également. Elle était présente à 43 % dans les nouvelles conceptions, et le sera à 45 % à la fin de cette année. Par ce biais, un smartphone sera en mesure de réaliser une reconnaissance faciale pour se déverrouiller. Samsung compte bien utiliser de plus en plus l’iris scanning dans ces appareils.
Enfin avec la réalité augmentée, les utilisateurs pourront ressentir des émotions à travers un occulus, et des sensations en faisant totalement oublier les repères environnementaux. Cette dernière pourra également servir en archéologie pour reconstruire des cités détruites lors de guerre, comme ce fut le cas par exemple après le dynamitage des statues de bouddha par les talibans, ou dans l’optique d’études scientifiques. « Cet aspect nous semble assez capital pour la conservation des vestiges », note Gary Shapiro.

Les smartcities, le marché et ses débouchés de demain
« L’intelligence artificielle couplée à la donnée offre des perspectives de marché assez gigantesques. C’est maintenant que se dessine la société de demain », explique le directeur du CES. Grâce à ces technologies, le trafic sera bien plus fluide, car les congestions routières pourront être évitées. Ainsi en réduisant les embouteillages, les niveaux de pollution réduiront. En conséquence, l’impact sur la santé sera limité. Il est d’ailleurs temps d’agir, car près de 500 000 personnes meurent chaque année des suites d’une maladie liée à la pollution atmosphérique. Les mégalopoles attendent de mettre en application ces technologies. Les smartcities ou villes intelligentes n’en sont qu’à leur tout début. En ayant recours à l’intelligence artificielle, elles pourront aussi bien adapter leur niveau de trafic, leur niveau de consommation d’énergie. D’après les experts d’Engie, près de 20 % du budget d’une ville en moyenne est dédié à l’éclairage public. Un déséquilibre lorsque l’on compare aux milliards de personnes qui n’ont pas accès à la moindre énergie de par le monde. L’intelligence artificielle investira ainsi l’ensemble des domaines économiques. Elle apportera une vision holistique pour gérer un territoire dans son ensemble. Laurent Bouillon, Directeur général de Siradel, estime que grâce à la réalité virtuelle augmentée, liée à la collecte de donnée, il est possible de dresser un bilan sur les niveaux de consommation. « Nous avons modélisé plusieurs villes, ainsi nous pouvons dresser plusieurs constats sur la consommation d’énergie d’un quartier à l’autre, sur le bruit, sur la sécurité, sur les zones de pollution. En somme, les villes seront à l’avenir des marchés fantastiques. Nous leur mettrons à leur disposition des données capitales pour mieux gérer les problématiques évoquées plus haut, et ce grâce à un constat pertinent et visuel ». L’utilisation de la 5 G ouvre également des perspectives, car elle permettra de communiquer, et d’échanger des informations quasiment en temps donné.
En un mot les nouvelles technologies ouvrent le monde sur une nouvelle ère. L’ère de l’hyperconnectivité où la gestion de la ville, de la santé, de l’éducation, mais également de la pollution, du transport, de la maison en un mot tous les secteurs seront pilotés par des machines. Mais des voix s’élèvent en émettant quelques doutes quant à l’utilisation de ces technologies intelligentes. Si elles sont en mesure de s’autoprogrammer, ne seraient-elles pas en mesure de s’arroger un pouvoir ? Si cette question a longtemps appartenu à la science-fiction, elle pourra être rapidement éclore au-devant de la scène. Les experts avertissent que la machine ne sera jamais dotée d’émotions et donc incapable de prendre le dessus sur l’homme. C’est une réponse. Sans aller jusqu’aux frontières de la science-fiction, Gary Shapiro rappelle simplement en conclusion « La machine va sans nul doute révolutionner le monde de demain, mais contrairement à ce qui a été annoncé, elle ne mettra pas un terme au travail humain, qui en revanche se verra grandement métamorphosé ». Bienvenue dans le monde de l’inconnu, le monde de demain.•