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La Semaine du Son

Écrit par Aïssatou Baldé le 14 juin 2016. Rubrique France

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José Van Dam, chanteur lyrique, parrain de cette 13e édition de la Semaine du Son.


La Semaine du Son s’est déroulée du 18 janvier au 7 février 2016, à Paris, mais également dans d’autres villes françaises. Les différents acteurs de cette semaine, inédite en France, ont pu s’exprimer au travers de conférences-débats, d’interventions pédagogiques et d’activités ludiques, telles que des ateliers, des spectacles, ou encore, des parcours sonores.

L’association de la Semaine du Son a été fondée en 1998 par Christian Hugonnet, Ingénieur acousticien de formation, diplômé du Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) et expert à la Cour d’Appel de Paris. Cette association a pour but de sensibiliser le public, les élus et tous les autres acteurs de la société, aux enjeux liés au son. C’est en 2004 que s’est tenue la première édition de ce festival. En 2006, l’évènement se voyait attribuer un Décibel d’Or, décerné par le Conseil National du bruit. La Semaine du son est soutenue par de nombreuses institutions, notamment le Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, le Ministère de l’Éducation National, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, ou encore, le Ministère des Affaires sociales. Cette 13e édition était parrainée par le chanteur lyrique José Van Dam ainsi que le médecin ORL Shelly Chadha, Responsable du programme de Prévention de la Surdité et de la Déficience Auditive à l’OMS.

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Shelly Chadha, médecin ORL, Responsable du programme de Prévention de la Surdité et de la Déficience Auditive à l’OMS.


“Les jeunes et le son”, résultats de l’étude sur les pratiques

Durant cette semaine de festivité, les résultats de la dernière enquête sur « Les Jeunes et le Monde Sonore » ont été révélés. Cette enquête, menée par Ipsos, a été réalisée avec le soutien de la Direction Générale de la Santé DGS, de l’association Agir Pour l’Audition et de l’Institut National de Prévention et d’Éducation pour la Santé (INPES). Plus de 1 500 individus, dont 1 013 jeunes de 7 à 19 ans, ont répondu aux questions. Ces résultats ont amené à de nouvelles réflexions sur la conscience sonore et le manque d’information, mais aussi sur l’implication et la responsabilité des parents.
En ce qui concerne la connaissance des parents sur les risques de mal audition et la prévention de leurs enfants, les résultats sont plutôt mitigés. Il semblerait dans un premier temps que seulement 1 parent sur 3, soit 28 %, ne sait pas évaluer l’audition de son enfant lorsqu’il est âgé de 0 à 6 ans. En ce qui concerne la prévention, 95 % des pré-ados et 80 % des adolescents se disent sensibilisés. Ces jeunes expliquent que ces informations viennent principalement de leurs parents, loin devant les professionnels de santé. Pour autant, lorsqu’un problème de trouble de l’audition se présente chez ces jeunes, la plupart n’en parlent pas à leurs parents. 41 % des 7-12 ans répondent « je ne l’ai pas dit à mes parents ». Les 13-19 ans n’ont majoritairement « rien fait pour arranger la situation ». Seulement 26 % des parents qui étaient au courant des troubles que présentaient leurs enfants les ont emmenés chez le médecin.
Cette étude révèle que le manque d’information constitue un facteur important des problèmes auditifs. 1 parent sur 4 (22 %) et 1 adolescent sur 3 (34 %) considèrent que les risques auditifs concernent moins les enfants que les adultes. Il semblerait que la mal audition soit faussement perçue comme un problème « de vieux », une idée reçue que tous les collaborateurs de La Semaine du son s’attachent à combattre.
L’utilisation du casque audio a ensuite fait l’objet d’une attention accrue. Il est utilisé le plus fréquemment pour écouter de la musique. Une pratique qui s’est fortement généralisée, notamment chez les 13-19 ans, qui déclarent utiliser un casque ou des écouteurs en moyenne 2 heures par jour. Le casque est principalement utilisé chez soi et dans le cadre de trajets extérieurs. Un fait constaté chez toutes les tranches d’âge. Pour 91 % des ados et 84 % des pré-ados, le casque est un moyen de s’isoler. Il en est de même pour les parents d’enfants plus jeunes qui donnent un casque à leurs enfants (de moins de 6 ans) pour les isoler. Parmi ces parents, 62 % déclarent qu’ils entendent ce que leurs enfants écoutent à travers le casque.
Pour les professionnels de la semaine du son, il est important que les parents comprennent qu’un enfant aussi jeune n’est pas à même de gérer le volume du son par lui-même.
Cette étude a également révélé que près d’1 enfant sur 10, parmi les plus jeunes (0 à 2 ans), s’endort avec un casque audio, alors que le Ministère de la Santé préconise de faire une pause de 30 minutes toutes les deux heures ou de 10 minutes toutes les 45 minutes. Pour les professionnels de La Semaine du son, le casque serait devenu, à tort, pour ces parents « la nouvelle berceuse moderne ».

Les missions de l’association

La 13e édition de la Semaine du Son a été introduite par une soirée à l’Unesco, soirée durant laquelle était présentée la charte associative. La semaine du Son a pour but d’accompagner toutes les institutions désireuses de combattre les excès afin de mieux appréhender les bienfaits du son. Elle se présente comme un porte-voix à la fois international et pluridisciplinaire, l’objectif étant d’aider « à redéfinir la place du sonore dans la société ». « L’association La Semaine du Son a pour but d’amener chaque être humain à prendre conscience que le sonore est un élément fondamental de l’équilibre personnel », expliquait le président fondateur, Christian Hugonnet. À travers cette démarche, ce sont les dimensions environnementales, sociétales, économiques mais aussi médicales et culturelles qui sont explorées. Le but étant de considérer le son comme « une porte d’accès au monde ».
Les missions proposées par cette charte relèvent tout d’abord du secteur éducatif. Selon l’étude d’Ipsos, 1 jeune sur 5 souffre de troubles auditifs. C’est donc essentiellement pour lutter contre les maladies auditives que l’association s’engage. Les troubles de l’audition ont un impact sur le stress, la pression artérielle ainsi que le sommeil et la concentration. Un travail de sensibilisation est effectué auprès des élèves quant aux risques de dégradation accélérée de l’ouïe et les conséquences qu’entraînent une mal audition : isolation, dépression, ou encore difficultés voire incapacités à s’intégrer. Des éléments qui constitueront un frein pour leur entrée dans le monde du travail. Enfin, l’association met un point d’honneur à aider au développement de l’expression musicale des jeunes, leur accompagnement et leur épanouissement, autant par la voix qu’au travers des instruments de musique.
En plus de la prévention liée aux problématiques de santé, la Charte de La Semaine du Son appelle à travailler sur d’autres thématiques, comme l’environnement sonore. Il est important, selon les membres de l’association, d’aider les jeunes à trouver un équilibre personnel et collectif dans leur écoute, en travaillant notamment sur les techniques d’enregistrement et de diffusion. Un apprentissage qui leur permettra de mieux appréhender ce qu’est le son, mieux gérer leurs écoutes et limiter les nuisances.•