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CES Las Vegas 2017 : Les objets connectés sont partout

Écrit par Pierre Antoine le 8 février 2017. Rubrique Etats-Unis

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Ils sont célébrés en grande pompe comme chaque année. Les objets connectés sont les stars du Salon International CES qui se tient à Las Vegas du 5 au 8 janvier. Et l’événement fêtait cette année ses 50 ans. Les fans de haute technologie et autres innovations électroniques s’en sont donné à cœur joie. Les contours de la société du futur prennent forme ici, pour le meilleur et pour le pire sur fond de bataille commerciale, technologique et financière. Tour d’horizon dans les allées du 51e salon du Consumer Electronic Show.

Pour ses cinquante ans, le Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas a battu une nouvelle fois des records. Cette vitrine mondiale de la haute technologie, répartie sur trois sites offrant une surface totale de 241 000 m2 (un peu plus grande que le parc des expositions de Versailles avec ses 228 211 m2), a accueilli durant ces quatre jours 175 000 visiteurs et permis à 3 800 exposants de présenter leurs produits et leurs nouveautés. Alors pourquoi autant de succès ? D’abord parce ce qu’il jette les grands traits de notre futur quotidien. Et puis, au-delà de l’aspect purement technologique et avant-gardiste, le CES réunit des acteurs dans des domaines aussi variés que la santé, la sécurité, l’animalerie, le sport, la hifi, l’audio la télévision. En un mot comme en cent, rares sont les domaines qui n’y figurent pas. « Le CES de cette année a encore pris du galon, car un grand nombre d’entreprises de toutes les tailles, petites et grandes, en provenance du monde entier, est réuni ici pour proposer des solutions à l’ensemble des problèmes auxquelles nous sommes quotidiennement confrontés. Reconnaissons-le, notre domaine d’activité améliore grandement le monde grâce à sa connectivité, et à ses innovations, touchant toutes les facettes de nos vies. Le monde connecté d’aujourd’hui était bel et bien représenté durant ces quelques jours d’exposition au CES de Las Vegas. Il s’agissait cette année de notre plus grand et plus audacieux salon de toute l’histoire du CES », explique Gary Shapiro le Président du CES.

Les objets connectés touchent tous les secteurs

Industrie, informatique, internet, automobile, sport, santé, sécurité, mobilité, nulle n’échappe pas à cette poussée vertueuse de l’hyper connectivité. Pour des raisons évidentes. D’abord parce que le monde qui nous entoure sera demain entièrement connecté. Ensuite parce que cela représente un marché absolument colossal. En la matière, les chiffres prévisionnels enflent à vue d’œil. Selon les cabinets d’étude Xerfi et Cisco, la progression des objets connectés est fulgurante. En 2013, le marché pesait 64 millions d’euros, 150 en 2014 et 500 millions d’euros en 2016. D’ici trois ans, on estime qu’il devrait représenter 1 700 milliards de dollars, et 20 000 milliards de dollars dans dix ans. Toujours selon les mêmes études, à l’orée 2027, les objets connectés seraient aux alentours de 80 milliards disséminés un peu partout dans le monde. Il est alors assez évident de comprendre, derrière ce que d’aucuns appellent un salon gadgets, les enjeux économiques qui se trament en sous-main. Chacun veut sa part du gâteau, sa part d’Eldorado. Comme le rappelle le Directeur du CES, Gary Shapiro, « Notre secteur d’activité a permis de créer 15 millions de postes ». Les appétits sont aiguisés, et chaque innovateur, créateur, jeune chef d’entreprise, ou responsable de start-ups présents dans les travées de l’Euréka Park, espère ferrer un gros… Un très gros distributeur. « Lorsque l’on lance une innovation, il est difficile de ne pas figurer sur ce salon, car nous constatons qu’il y a beaucoup de trafic sur les stands, nous avons une fantastique visibilité ici avec la possibilité de rencontrer des distributeurs et des financeurs », explique Bruno Davoine qui vient de lancer un interphone intelligent, sous la marque Fenotek. Car l’idée ici est bien de se placer sous les feux des projecteurs médiatiques et financiers pour se faire aider à lancer et commercialiser les innovations. Les plus pertinentes ou impertinentes feront l’objet de reportages ou de compte-rendu, relayés par la presse. Durant ces journées, le monde entier a les yeux rivés sur cette fête de la technologie, où près de 6 500 journalistes du globe déambulent à la recherche de la pépite, ou de l’innovation la plus marquante. Les jeunes pousses ont tout intérêt à se faire voir. « Nous participons au CES spécifiquement pour être vus et distribués, » explique Julie Leleu, co-fondatrice de Catspad une entreprise française, qui vient proposer au marché un distributeur automatique de nourriture pour chat ! Et oui pourquoi nos compagnons n’auraient-ils pas le droit eux aussi à leurs objets connectés ? Et le sujet s’avère très sérieux, puisqu’il aura fallu près de deux ans d’études et de travaux menés conjointement avec des vétérinaires, pour permettre aux chats de s’alimenter seuls. « Nous avons dû travailler sur le comportement de ces compagnons domestiques, comme s’ils étaient à l’état naturel. Il fallait leur apporter à la fois de l’eau et pas trop de croquettes en une fois. Et si un foyer a plusieurs chats, il fallait également que ces derniers puissent se nourrir individuellement ». Ainsi depuis son smartphone, il est possible de définir ou modifier les rations des chats, et de suivre le niveau des stocks à distance. Le produit devrait être commercialisé au prix de 299 euros. Dans la même veine, une entreprise autrichienne, Tractive s’intéresse également de près aux comportements des animaux de compagnie. Aussi a-t-elle mis sur le marché des trackers installés aux colliers des chiens ou des chats, pour connaitre leurs déplacements. « Si un animal s’égare, nous pouvons ainsi le retrouver bien plus vite avec ce petit boitier qui permet à son maitre, via un smartphone de la géolocaliser, explique Laura Casati de chez Tractive. Notre dernier né permet aussi d’informer le propriétaire d’un animal s’il a trop chaud ou trop froid ». A l’instar des start-ups d’animalerie, le secteur de la santé attire aussi beaucoup d’entrepreneurs et de sociétés innovantes en la matière. I health (cf. ITW flash), Visiomed et  Be well connected, 7 medical, ou citizen Services…. Et bien d’autres sont sur le créneau. Avec la désertification médicale, la médecine connectée s’avère être une réponse rapide à ces pénuries de médecins. Un grand nombre d’entre elles tentent d’apporter des solutions aux patients, mais aussi aux praticiens. I-Health propose en effet tout un ensemble d’appareils de mesure connectés, qui permettent aux patients d’envoyer leurs résultats par internet, sans avoir à se déplacer et encombrer les salles d’attente, si le caractère curatif ne se présente pas. Citizen Sciences, une start-up française basée à Lyon a développé un concept de mesure quotidienne sur la personne. « A l’aide d’un t-shirt, doté de capteurs dont les fibres sont insérées dans le textile, nous pouvons à la fois prendre la fréquence cardiaque, le nombre de calories, la distance parcourue, la flexibilité d’un mouvement… et cette technologie s’adapte sur un matelas ou encore un oreiller, explique Aurélie Cordier Steere, la Vice-présidente. Par ailleurs nous avons créé un coach virtuel en capacité de poser des questions et à l’aune des réponses, adapter son discours pour perdre du poids par exemple ». Mais pour répondre à l’ensemble de ces objets connectés, un seul appareil sort du lot : le smartphone !

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 La star des appareils : le smartphone

Il concentre toutes les attentions. Il est difficile de s’en passer, et prend davantage d’importance aux vues des nombreux objets connectés qu’il fait fonctionner. Vous l’aurez saisi le smartphone continue de caracoler en tête des ventes. Selon les estimations il se vendra près de 1,4 milliard de smartphones dans le monde cette année. Il représentera près de 47 % des dépenses d’équipement des ménages. Les premiers appareils à subir cette hausse : les PC. Selon le GFK, 81 % des ventes en 2017 concerneront les desktops, les laptops, les tablettes, les TV, le smartphone, les montres connectées et les appareils photo. Les études montrent que cette année, la moitié de la population mondiale sera équipée d’un smartphone. Logique, puisqu’il remplace peu à peu les fonctions de PC, et que les objets connectés sont souvent pilotés depuis cette interface. Mais les perspectives d’avenir restent encore florissantes, et le marché n’est pas encore à maturité, car l’Afrique représente une manne considérable. Le taux de pénétration par exemple est évalué à 28,7 % contre 89 % en Amérique du Nord et 73,9 % en Europe. Les tablettes de leur côté accusent une légère décroissance. En 2014, il s’en vendait 223 millions d’unités, contre 136 millions vendus l’an dernier. Le smartphone parvient même à grignoter la suprématie de la Télévision. Elle pesait 62 % du temps passé à regarder un contenu, en 2012, contre 51 % l’an dernier. Le smartphone passe aux mêmes dates de 16 % à 21 %, et le laptop, de 5 à 12 %. Face à cette concurrence acharnée, les fabricants de télévision multiplient les offensives en termes d’innovations, au risque parfois d’y perdre un peu son consommateur. Changhong lance l’intelligence interoperability quotient qui offre la possibilité de connecter l’ensemble des appareils de la marque. Hisense de son côté se réoriente vers la vidéo projection, et plusieurs nouveautés comme l’Ultra led. TCL se lance en tant que marque à proprement parler avec le X2, un écran ulra fin en 4K, HDR. Samsung améliore la qualité du noir à l’écran avec la technologie Quantum Dots. LG marque les esprits avec son Wall Paper, l’écran le plus fin du monde avec 2,7 millimètres. En un mot comme en cent, les couleurs, les sons, les blancs, les noirs ainsi que l’esthétique et les performances techniques sont améliorés. Mais comme le rappelait Olivier Ezratty, dans sa note de 396 pages sur le CES, il serait intéressant de voir quels impacts ont ces petites révolutions sur le consommateur final qui pourrait bien se perdre dans ses performances. Perdus, certes, mais aussi dubitatifs les clients ! Car au regard de certains objets, qui en dehors de leur ingéniosité technologique n’apporte pas véritablement de plus-value. La Poste présente depuis deux ans son Hub numérique en vue de faciliter l’utilisation de ces objets.

A l’écoute de l’utilisateur

La Poste transporte 23 milliards d’objets par an. Et fort de son expérience auprès des clients elle a souhaité s’investir toujours un peu plus dans ce service qu’elle fournit à ses usagers, en vue de simplifier la vie de ces derniers. Le rôle qu’elle s’est assigné ? Démocratiser l’innovation, en réconciliant les Français avec les objets connectés. Selon une étude diligentée par la poste, 77 % d’entre eux seraient inquiets par rapport à l’utilisation de données personnelles par des objets connectés, et 73 % estiment que ces objets sont bien trop compliqués à utiliser. Face à ces questionnements légitimes, la Poste a souhaité réagir en apportant une solution. Le hub numérique répond justement à toutes ces interrogations, et ces doutes. Les particuliers peuvent ainsi en un seul clic sur leur appli, accéder à l’ensemble de leurs objets connectés. Les entreprises bénéficient d’une plate-forme SaaS, qui en l’espace de trente minutes est mise à leur disposition. Elles peuvent ainsi diffuser de nouveaux services à leurs clients. Créé il y a deux ans, le programme french IoT soutient l’innovation dans la création d’objets connectés. Au total 127 start-ups ainsi que 5 grands groupes, et 66 partenaires numériques ont suivi la poste dans cette belle aventure. BNP PARIBAS, Malakoff Médéric, Boulanger et Derichebourg Multiservices ont parrainé les jeunes pousses de cette année. Et toujours dans cette optique de services, la Poste multiplie les aides et les astuces. Ainsi le programme “veiller sur mes parents” organise la visite des facteurs auprès de personnes âgées dans le but de maintenir le lien social et intergénérationnel. Les agents de la Poste sont informés directement sur leur smartphone, via une application, de tel ou tel besoin d’une personne seule. George a été créé également pour permettre d’activer des services par la voix. Il entre également dans le programme “Veiller sur mes parents”. Enfin, dernière innovation : Colissimo On Demand disponible sur le bouton connecté. Cette création permet à une entreprise d’affranchir ses colis en ligne.

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La smarthome, le nouvel eldorado !

Elle est sur toutes les bouches, dans tous les esprits. La Smarthome, ou la maison intelligente. Elle incarne en quelque sorte l’Eldorado des start-up, des concepteurs d’objets connectés et bien évidemment des acteurs majeurs du bricolage, de plus en plus concurrencés par des intrants venus d’univers bien éloignés de leur domaine de compétence originelle. Le marché du lighting s’avère être particulièrement concurrentiel. Rares sont les fabricants qui ne proposent pas de solutions tout en un. « Chez Bee-Wi, nous avons fait le choix de proposer une solutions complète allant de la gestion de la lumière, et toutes les fonctionnalités que peuvent proposer les objets connectés dans une maison », explique Thierry Dechatre le créateur de Bee-Wi. Il est donc possible de gérer l’ensemble des appareils de la maison avec un seul smartphone. La gestion centralisée devient presque un standard des offres qui figurent au CES. Seven Hugs, une autre start-up française, le propose à partir d’une seule et même télécommande. Legrand s’est également associé à Netatmo pour proposer un gateway intitulé Eliot. Grâce à ce système, et à l’instar de ce que propose Seven Hugs, il sera dorénavant possible de gérer les volets roulants, le thermostat, grâce à un smartphone, à un interrupteur ou grâce à la voix.
« Notre constat fut simple, explique Stéphane Burlon, Responsable chez Bell et Wyson, une start-up française. Nous utilisons des ampoules tous les jours. Nous avons eu l’idée d’y ajouter des fonctionnalités d’usage. Elles couvrent à la fois la santé, les loisirs la sécurité, etc. La connected BWPix + permet par exemple de détecter des mouvements et d’avertir le propriétaire d’un bien si ces mouvements d’avèrent anormaux. Le BWpik illumine quant à lui le jardin et permet d’écouter de la musique. Enfin, et c’est une première mondiale nous proposons une ampoule anti-moustique. Elle reproduit les caractéristiques du corps humain, les insectes sont attirés puis pris au piège ». Il ne reste plus qu’à trouver des acheteurs et des distributeurs convaincus par le produit. La société montpelliéraine a trouvé un moyen astucieux d’être diffusé. En s’associant avec Schneider, elle bénéficie de la renommée de la marque pour bénéficier de ses réseaux de distribution. « Nous avons développé des ampoules connectées, en nous appuyant sur le principe de la Technology Mesh, dite de maillage, explique Cédric Leon de chez Awox Cabasse. Grâce à l’interrupteur Schneider, Wiser Odace Lightning, il est donc possible de relier 50 ampoules entre elles, et d’en gérer huit à la fois. L’intérêt de ce maillage permet de contrôler à longue distance l’ensemble de ses ampoules ». L’ensemble des constructeurs proposent des produits aux fonctionnalités relativement semblables, mais ils parviennent toujours à se distinguer. Sengled de son côté a souhaité ajouter à ses modèles Element, un indicateur de consommation d’énergie. Et pour marquer un peu plus les esprits, elle s’est engagée à planter un arbre à chaque ampoule vendue pour compenser l’émission de Co2, même si ces produits entrent dans la catégorie à faible impact sur l’environnement.

Entre espoirs, promesses et désillusions

Les regards médiatiques gourmands de curiosités technologiques convergent tous vers cet espace. L’Eureka Park. Un nom tout disposé à accueillir en son entre les jeunes entreprises prolixes en matière de créations et d’innovations. Au total, 600 start-ups étaient présentes pour cette édition. Et d’ailleurs, le choix d’organiser un tel événement à Las Vegas, Capitale du jeu et du pari, n’est pas anodin. La ville bat au rythme du salon, où chaque exposant vient parier. Car ici exposer, c’est parier. Parier sur son innovation, en espérant que cette dernière soit repérée par des grandes compagnies qui lui permettront de se développer ou d’être commercialisée. « Le CES c’est la grande messe de l’électronique. C’est le moment unique qui permet en quelques jours de rencontrer médias, partenaires et distributeurs venant du monde entier. Pour Giroptic, 2017 est notre troisième édition, avec cette année le lancement de nouveau produit- le Giroptic iO. Après une première participation en janvier 2015, au milieu de la French Tech dans l’Eureka Park, nous avons pris notre envol en 2016 dans le bâtiment principal sur le stand de 100 mètres carrés, ce qui nous a permis de rencontrer de nombreux partenaires ainsi que d’occuper une bonne place dans les médias à travers le monde. Le CES c’est une visibilité mondiale assurée et la garantie de rendez-vous commerciaux pour le reste de l’année », explique Richard Ollier, Fondateur et PDG de Giroptic. Mais gare ! Dans cette frénésie créative aux relents boulimiques, certains produits ne verront jamais le moindre linéaire d’une grande surface de vente, ou un rack d’un entrepôt. A ce propos, près de 130 entreprises françaises, présentes l’an dernier, ont fait le choix de ne pas revenir. Question de coût. Question d’opportunité. Et dans un cas plus dramatique, certaines n’existent peut-être plus, car leur produit n’a pas séduit. Malgré cela, il faut en être ! Et d’ailleurs la veille de l’ouverture du salon, Thomas Husson du cabinet Forrester, repris par nos confères du Monde adressait une mise en garde à l’adresse des néo-entrepreneurs : « Il s’agit d’une sorte de concours de la plus grande délégation de start-up de l’année. Parmi les milliers de gadgets et de nouveaux produits présentés, il y a fort à parier que près de 99 % échoueront. Et pourtant, les entreprises auraient tort de ne pas y déceler les futures tendances qui vont avoir un impact fort sur leur business dans les années à venir ». Mais pour les petites, voire très petites entreprises comme les grandes il est toujours difficile de manquer le CES. Samsung, LG, Lenovo, Philips, Nissan, Bosch… quel s que soient les domaines économiques, tous les industriels du monde ont fait le déplacement. Tous ! à l’exception d’un ! Et non des moindres. Apple ne se laisse pas croquer de la sorte et ne se confond pas sur ce genre de salon, tout en y prêtant une oreille attentive. Certaines entreprises s’exposent, puis repartent, puis reviennent. Cette auberge espagnole du commerce mondiale reste un incontournable pour lancer un produit. Tout dépend des choix stratégiques que les entreprises déterminent. Après des années d’absence à Las Vegas, Vestel, la marque turque d’électroménager fait son grand retour. « Nous avons lancé une gamme de luminaires il y a deux ans. En plus des appareils d’équipements de la maison que nous vendons sous licence ou sous notre propre marque en fonction des pays, explique Onur Tabak, le Directeur général France de la marque, nous démarrons une nouvelle aventure commerciale, entrepreneuriale, et innovante. Nous participions au CES entre 1998 et 2003. Cette année nous avons décidé de revenir. Nous avons le souhait d’utiliser notre réseau actuel, nos clients qui nous visitent ici sur notre stand, pour s’adresser aux départements B to B des enseignes ». Communiquer, se faire voir, montrer les muscles à grand renfort de campagnes marketing plus ou moins réussies, en fonction des expériences de chaque entreprise, sont les maitres mots du CES. Les start-ups ont depuis des années vu leur nombre croitre. Et reconnaissons-le, la France fait partie des pays les plus dynamiques en la matière.

Le coq s’affiche fièrement

Une blague, dans les travées des salons internationaux, circule souvent à notre sujet, nous autres Français. Que dit-elle ? Comment dénomme-t-on une personne qui parle plusieurs langues ? Un polyglotte ! comment dénomme-t-on une personne qui parle trois langues ? Un trilingue. Comment appelle-t-on une personne qui parle deux langues ? Un bilingue. Et une personne qui ne parle qu’une seule langue ? Un Français. Bien qu’un peu dure à entendre, cette boutade de salon n’est pas dénuée de réalisme. Mais le CES est parvenue à tordre le cou à ce clin d’œil acide. Car la musique du “French accent” qui teinte la langue de Shakespeare résonne dans les halls de Las Vegas. Et pour cause, les chefs d’entreprise français font des efforts, contraints et obligés s’ils veulent s’exporter. Mieux ! Le Français pourrait passer pour la deuxième langue parlée sur le salon, tant la France est représentée. Et cela depuis des années. Cette année encore, la bannière tricolore s’affiche fièrement au point de voir défiler toute une cohorte d’hommes et de femmes politiques : François Fillon, Michel Sapin, Axelle Lemaire, Frédéric Lebfevre… La France se place en troisième position, juste derrière les Etats-Unis (1 713 exposants), et la Chine (1 307). Mieux que la Russie, l’Angleterre ou l’Allemagne. Et la France fait encore des merveilles, car elle est la deuxième délégation dans l’Eureka Park (le centre névralgique des innovations) avec 233 start-ups made in France ! Mais il y a un hic, concernant les données. En effet selon les sources, le nombre d’entreprises varie. 225, 257, 240, leur quantité change régulièrement. Il est difficile de trouver une donnée récurrente, et de fait fiable. D’après Olivier Ezratty, le spécialiste du CES qui chaque année rédige un bilan de plusieurs centaines de pages (396 pages pour cette année 2017, la performance est à relever !!!!) les entreprises françaises étaient 315 et elles auraient reçu plus de 4 000 visiteurs. De l’aveu même du blogueur, cette dernière donnée s’avère invérifiable. Qu’importe, les échelles de valeurs semblent à peu près correspondre. Une chose est sûre : La France joue gros. Des organismes comme la French tech et Business France accompagnent les jeunes pousses à s’exporter sur le marché américain. « Cette présence n’est pas de la com, explique Axelle Lemaire, la secrétaire d’Etat chargée du numérique et de l’Innovation. C’est le reflet d’une réalité chaque jour un peu plus reconnue à l’international. Le récent classement “Technology Fast 500 EMEA” qui regroupe les 500 entreprises technologiques ayant connu la plus forte croissance entre 2012 et 2015 est à ce titre très révélateur : comme chaque année depuis trois ans, la France est le pays qui compte le plus d’entreprises dans le palmarès ». Non seulement la France est présente. Mais la France gagne. Les start-ups françaises ont été largement récompensées, car elles ont reçu, dans tous les domaines qu’elles couvrent, près d’une trentaine de prix pour leurs innovations.

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Quid de ces technologies ?

Première interrogation. Salon Gadget, ou pas ? Certains objets seront promis à un bel avenir, d’autres pas. La deuxième interrogation découle immédiatement de la première : Et le consommateur dans tout cela ? Car les objets connectés demeurent encore flous dans leur valeur d’usage. Les clients vont-ils y voir la révolution sociale et sociétale tant annoncée ? L’hyper connectivité, et l’avènement de l’intelligence artificielle, qui collecte tant et plus de l’information, était au cœur cette année des attentions du salon. Troisième question : ces données personnelles une fois glanées, récoltées, et voire, parfois, analysés avec l’apparition des robots, que deviendra-t-elle ? Au-delà de ces doutes prospectifs, certains visiteurs avides de hautes technologies déploraient justement le manque d’avancées et de nouvelles tendances sur cette édition anniversaire. Il n’était pas rare d’entendre que le salon n’avait rien d’innovant. Mais Olivier Ezratty met en garde contre toute attente un peu excessive dans son rapport : « Aussi curieux que cela puisse paraitre, il n’y a jamais de nouvelle tendance au CES ! On ne peut qu’y constater soit une amplification, soit une atténuation des tendances existantes qui ont marqué l’année passée ». Une chose est sure ! Le CES intrigue, attire, fascine, ou provoque l’aversion. En un mot, il ne laisse jamais indifférent. Il ouvre la voie au pire comme au meilleur, et pour paraphraser Coluche, pourvu qu’il ne soit pas le meilleur dans le pire.•