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ecosystem : “L’environnement est partout”

Écrit par Caroline Condroyer le 11 mars 2020. Rubrique Environnement

20200311 EcosystemeLors d’un point presse, ecosystem a souhaité s’exprimer sur les nouveaux enjeux écologiques et la nouvelle loi anti-gaspillage. Une occasion de parler d’économie circulaire… un sujet de plus en plus "à la mode".

La loi anti-gaspillage est issue d’une prise de conscience collective, environnementale et écologique de la part des consommateurs. Elle permet, dans un premier temps, d’augmenter la durée de vie des différents produits ; mais aussi, dans un second temps, d’exprimer une nouvelle attente profonde des citoyens face au gaspillage et l’urgence environnementale. Face à cela, ecosystem a ciblé de nouveaux enjeux et a décidé de mettre en place différents modes d’actions comme la réparation ou, encore, le réemploi. Cependant, ecosystem ne perd pas de vue que ces actions doivent être justes, utiles et pérennes tout en gardant une pleine exigence opérationnelle.

Une synthèse enrichissante

Suite à une demande d’ecosystem, Elabe a réalisé une étude sur la vision des Français sur des sujets d’environnement. Celle-ci a, tout d’abord, révélé que 92 % de la population estiment vivre quotidiennement les pollutions et le dérèglement climatique. « Nous avons pu observer que la situation de l’environnement se place en deuxième position dans les préoccupations de notre société, avec une moyenne de 7,9/10. La première d’entre elles est évidemment, la santé (8,1/10) », explique Laurence Bedeau, Directrice Associée Elabe. Le gaspillage se positionne à la première place des défis écologiques, ex aequo avec la pollution des eaux. Des chiffres qui exposent bien le fait que l’environnement est devenu un problème sociétal. La volonté d’agir de toute urgence des Français obtient donc la note de 8,4/10. À noter que, pour 74 % d’entre eux, il s’agit d’un sentiment très urgent.

Le deuxième point soulevé, montre que les Français ont envie de changer les choses. Pour 60 % de la population, des efforts peuvent encore être faits, alors que 35 % pensent avoir fait le maximum. Il faut préciser que ce dernier pourcentage est en baisse par rapport aux années précédentes. Néanmoins, les consommateurs posent des conditions de justice sociale comme, par exemple, partager ou avoir son mot à dire dans les décisions liées à ce thème. « Parmi ceux qui souhaitent changer leur mode de vie, leurs habitudes ou autre, 74 % se disent perdus et ne savent pas vraiment comment s’y prendre, à titre individuel », annonce Laurence Bedeau.

Elabe, avec cette étude, a mis le doigt sur les différentes raisons qui poussent le citoyen à agir. En premier, le respect du cadre de vie, suivi par le respect de la santé, et celui de la planète. Le quatrième critère est celui d’une volonté de faire des économies. La dernière raison est l’intérêt général.

De nouveaux enjeux

Ces chiffres, évoqués précédemment, montrent assez clairement les nouvelles attentes écologiques des citoyens. « De manière générale, les Français se sentent concernés par l’environnement lorsqu’il y a un impact sur leur santé. Cela explique pourquoi, en ce moment même, ce besoin de changement est qualifié de très urgent », déclare Christian Brabant, Directeur Général d’ecosystem. Avant, lorsque l’on parlait de recyclage, cela ne concernait que les métaux à valeur, et non pas tous les composants des équipements électriques comme les plastiques ou les polluants. « Aujourd’hui, ecosystem joue un rôle important avec une mission d’intérêt général », continue Christian Brabant. En effet, l’éco-organisme doit, avec sa double gouvernance, concilier les opérations - tout en les maîtrisant - et l’exigence lors des prestations, même si parfois ces termes peuvent être opposés. Il doit aussi préserver la liberté et le respect de l’innovation grâce à la co-construction. Enfin, ecosystem doit s’impliquer dans le recyclage et accompagner les consommateurs. « Cette année, nous avons collecté 604 000 tonnes de déchets électriques. Et pour le soutien de l’économie sociale et solidaire, 7 000 000 € sont engagés pour financer les activités de réemploi et réutilisation en France, en 2020 », affirme fièrement Christian Brabant.

Acheter puis … stocker

D’après cette étude d’Elabe, lorsque les consommateurs veulent acquérir un produit, il s’agit à 77 % de quelque chose de neuf. Avant l’achat, 58 % d’entre eux ont recherché deux à trois informations sur cet objet, appareil, etc. Une fois l’achat réalisé, seulement 52 % des citoyens ont eu besoin d’effectuer une réparation dessus. « 27 % d’entre eux n’ont pas cherché à se renseigner pour une quelconque réparation pour des raisons de disponibilité des pièces, de prix ou encore de facilité », complète Laurence Bedeau. En fin d’usage, 73 % des Français stockent leurs appareils - une durée plus ou moins longue - avant de s’en débarrasser. « En général, ils les conservent pour des raisons sentimentales car des souvenirs sont attachés à cet objet comme dans les cas d'un téléphone portable par exemple », poursuit-elle.

Pour se débarrasser des différents équipements, un foyer a recours à plusieurs options dont le recyclage (60 %), le don (21 %), jeter à la poubelle (11 %) ou encore revendre (6 %).

De nouvelles solutions

Sur les sujets du réemploi et de la réparation, nous travaillons notamment avec les réseaux de l’économie sociale et solidaire mais aussi avec les professionnels de la réparation et les associations de consommateurs. 80 % des consommateurs Français, veulent réparer et/ou réutiliser des appareils électriques », dévoile Christian Brabant. « Nous souhaitons envoyer un message positif concernant la réparation, aux consommateurs avec, par exemple, la mise en place de financement et d’un réseau de pièces de détachées d’occasion », explique Guillaume Duparay, Directeur de la collecte ecosystem.

Pour la réparation, plusieurs obstacles sont à prendre en compte. « Il faut répondre aux besoins de facilité pour trouver un réparateur qualifié, de disponibilité des pièces et de budget, parfois trop élevé », précise Guillaume Duparay. Parmi les solutions trouvées, ecosystem prévoit de mettre en place, en 2020, un annuaire afin de recenser des réparateurs qualifiés, avec une fiche détaillée disponible pour chacun. De plus, des pièces d’occasion seront bientôt disponibles pour réparer un appareil. « Un décret rendra obligatoire, dès 2022, le réapprovisionnement des réparateurs en pièces détachées, issues de l’économie circulaire », détaille Guillaume Duparay. Enfin, comme une réparation peut s’avérer parfois très coûteuse, nous prévoyons de contribuer au fonds réparation pour baisser le coût de celle-ci. À noter que la loi anti-gaspillage oblige les éco-organismes à participer aux financements des fonds réparation et réemploi.

Pour ce qui est du réemploi, ecosystem a présenté deux modes d’actions. Le premier, des collectes de proximité et solidaires en zone urbaine dense. Le second, la collecte de vieux téléphones. En moyenne, 24 à 26 millions de portables neufs sont mis sur le marché tous les ans. Et seulement, 5 à 9 millions sont réemployés, chaque année, par des dons, de la revente entre particuliers ou revendus par des professionnels du réemploi. « C’est pour cela que nous avons créé jedonnemontelephone.fr. Disponible depuis quelques semaines, le service nous a permis de collecter 1 300 téléphones», déclare Nathalie Yserd. Le principe est simple, le consommateur peut commander une enveloppe prépayée ou imprimer une étiquette affranchie, pour renvoyer son ou ses vieux appareils. Ils sont ensuite envoyés aux Ateliers du Bocage (membre d’Emmaüs) qui effectuent des diagnostics, des réparations et une suppression des données. Si les mobiles ne sont pas réparables, ecosystem les récupère pour les dépolluer et les recycler. « Notre objectif : protéger notre santé, mais aussi l’environnement en prolongeant la durée de vie des équipements quand cela est possible. Mais nous devons aussi prendre en charge le recyclage de ces derniers. En 2019, ce sont 5 200 tonnes de lampes et 598 000 tonnes d’équipements électriques qui ont été collectées, ce qui correspond à un total de 138 millions d’objets.», constate Nathalie Yserd, Directrice Déléguée ecosystem.

ecosystem souhaite donc élargir son champs d’action sur le secteur de la réparation et du réemploi. Cela, tout en gardant l’exigence, l’efficacité et la connaissance qui caractérisent l’éco-organisme. « Nous avons l’ambition de devenir une société à mission, accompagnée d’un comité de mission avec beaucoup de parties prenantes, dans le cadre de la loi PACT », conclut Alain Grimm-Hecker, Président ecosystem.