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Groupe Seb : Une année mi-figue, mi-raisin

Écrit par Deborah Koslowski le 12 août 2019.

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Le spécialiste du petit équipement domestique a annoncé, fin février, les résultats de son année 2018. S’il a enregistré un bénéfice net record, il n’en a pas moins rencontré quelques difficultés, notamment sur le marché français.

Il ne l’avait pas vu venir. Leader de son marché dans - au moins - 25 pays différents et à la tête de 41 sites industriels répartis partout à travers le monde (dont 10 en France), le Groupe Seb a réalisé une année plus compliquée qu’espérée. La faute à un contexte macro-économique des plus perturbés (guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, bouleversements socio-économiques et politiques qui touchent la Turquie, le Brésil ou, encore, l’Europe avec le Brexit et le mouvement des Gilets Jaunes), à l’augmentation du coût des matières premières, à la forte volatilité des devises émergentes, mais aussi, et surtout, à la profonde mutation que subit la distribution. L’explosion du commerce en ligne aurait, en effet, « généré de nombreuses faillites d’enseignes », a tenu à souligner Thierry de La Tour d’Artaise, Président-Directeur Général du Groupe Seb. Pour autant, l’industriel français - qui a acquis la marque américaine Wilbur-Curtis, leader sur le café filtre, en fin d’année, afin de renforcer sa présence sur le sol étasunien - a, tout de même, réalisé de “bonnes performances”. En 2018, ses ventes, au global, lui ont permis de dégager un chiffre d’affaires d’un peu plus de 6,8 milliards d’euros (+ 7,8 % vs 2017 à taux de change et périmètre constants). Une donnée à partager entre le Grand Public (un peu plus de 6,1 milliards d’euros de CA, en croissance de 7,2 % à tcpc) et Professionnel (635 millions d’euros de CA, en croissance de 14,3 % à tcpc). Et, pour la première fois, son bénéfice net a franchi le seuil des 400 millions d’euros, en atteignant 419 millions d’euros (+ 11,8 % vs 2017). Autre bonne nouvelle : la forte réduction (- 327 millions d’euros) de sa dette ! Le groupe, qui visait un ratio d’endettement inférieur à 2 fois l’Ebitda ajusté, a atteint son objectif puisqu’il est à 1,90.
Le fabricant a également profité de 2018 pour poursuivre sa transformation digitale. Et de fait : il est difficile, pour ne pas dire impossible, de vouloir faire du commerce sans être présent sur Internet aujourd’hui. Ainsi, après avoir élargi sa présence chez les pure players (+ 60 % de référencements en 2018), il y a réalisé 25 % de ses ventes auprès du grand public. Par ailleurs, en 5 ans, le Groupe Seb, ce sont également 15 produits connectés et 800 000 utilisateurs de son application tous les mois. Et, afin de leur fournir toujours plus de recettes, l’industriel a récemment fait l’acquisition de 750g international. Dans le même temps, celui qui ne peut que se réjouir du succès de ses communautés digitales (à l’instar de Cake Factory) et s’enorgueillir de ses quelque 60 millions de visiteurs sur ses sites a réellement favorisé ce canal puisqu’il a représenté 40 % de ses investissements médias.

Envolée chinoise, décrochage français

Premier pays du Groupe avec 23 % de parts de marché, c’est la Chine - très dynamique - qui continue de le porter. Elle pèse, à elle seule, 1 554 milliards d’euros, et a enregistré une croissance de ses ventes de 20,9 %. Un pays qui surperforme, notamment, grâce “au commerce en ligne”, à la marque Supor (ventes en croissance de 25 % sur l’année 2018)... et à ses mugs et autres boîtes de conservation (+ 40 %) ! « Une performance de très haute facture », a, de son côté, évalué Stanislas de Gramont, fraîchement nommé Directeur Général délégué du groupe familial Seb, et des chiffres qui ont de quoi faire pâlir l’Europe occidentale (région en croissance de “seulement” 0,2 %), dont la France fait partie. Et pour cause, 2e pays du Groupe avec 12 % de parts de marché, elle a affiché un recul de 3 % de ses ventes. En cause, entre autres, le regroupement des centrales d’achats et le mouvement des Gilets Jaunes qui a eu un impact très négatif sur le 4e trimestre de l’industriel.

2019 : la reprise ?

Autant de faits qui laissent présager un avenir incertain. Préférant prévoir l’imprévisible, l’industriel - qui estime que le mouvement des Gilets Jaunes s’essouffle - anticipe donc, d’ores et déjà, des effets devises importants, ainsi que des matières premières aux coûts toujours élevés. Mais, selon lui, ces derniers devraient avoir moins d’impact qu’en 2018. C’est la raison pour laquelle il se permet d’être ambitieux et ose espérer qu’en 2019, il continuera de flirter avec la croissance… allant jusqu’à renouer avec elle sur le territoire français. Pour l’heure, aucun chiffre n’a fuité. Mais le Président-Directeur Général du Groupe Seb l’envisage : « légèrement supérieure à celle du marché en 2019 ».