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Le Salon Autonomy nous ouvre la voie

Écrit par Axel Prunelle le 28 décembre 2018.

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Du 18 au 20 octobre 2018, à la Grande Halle de la Villette de Paris, le Salon Autonomy aura attiré 10 000 visiteurs, susceptibles de rencontrer 200 exposants, issus de 30 pays. Autonomy aura également permis de donner la parole à 100 intervenants ainsi qu’à 40 start-ups venus pour “pitcher”, c’est-à-dire convaincre des décideurs avec leurs solutions innovantes.

Autonomy est une société française indépendante – créée en 2015 – dédiée à l’amélioration des déplacements dans les villes. Accompagner la transition vers une mobilité urbaine intelligente et durable, créer des solutions de mobilité adaptées aux enjeux contemporains, telles sont les ambitions de cette entreprise qui organise tous les ans depuis 2015 un Salon de la mobilité urbaine : “Autonomy”.

Le paradoxe du boulanger

L’enjeu est on ne peut plus clair : pendant combien de temps acceptera-t-on l’idée de déplacer une tonne de métal et de plastique pour aller chercher une baguette et des croissants, à un kilomètre de chez soi ? Et pourtant, il y a assez longtemps que cela dure ; mais la prise de conscience collective visant, notamment, à préserver notre environnement va probablement nous contraindre à changer nos habitudes, plus vite que prévu. Et d’ailleurs, les chiffres de vente “d’Engins de Déplacement Personnel” (EDP) ont fortement progressé, entre 2017 et 2018. En effet, les trottinettes électriques et mécaniques, gyroues, hoverboards, gyropodes, skateboards électriques, etc. : ces nouveaux moyens de locomotion urbains sont partout. “Décarboner” nos moyens de circulation et rendre notre mobilité plus collaborative, plus autonome et plus connectée sont des ambitions qui ouvrent des perspectives pour demain.

Déjà des centaines de milliers d’utilisateurs

Fondée il y a un an, la Fédération des Professionnels de la Micro-Mobilité (FP2M), vient de publier, avec l’expert Smart Mobility Lab, son tout premier Baromètre de ce marché, en France. Et il est éloquent : en 2017, plus de 1,73 million d’EDP ont été vendus, en France, avec les trottinettes mécaniques et autres skateboards “traditionnels”, qui représentent plus des 3/4 de ce marché, en volume. Il est toutefois incontestable que les véhicules électriques connaissent un succès grandissant avec 402 386 unités vendues en 2017, contre 121 341 unités vendues en 2016, soit une hausse de 232 % ! En valeur, l’électrique représente déjà 61 % de part de marché (CA : 119,5 M€) vs 39 % de part de marché pour le mécanique (CA : 75,6 M€). Même les professionnels ont été surpris par le plébiscite pour cette offre de mobilité urbaine innovante.

Un cadre réglementaire à créer

Ce succès est-il venu presque trop rapidement ? Les modes de transport n’étant, aujourd’hui, soumis à aucune réglementation précise. Les EDP doivent-ils circuler sur les trottoirs, sur les pistes cyclables ou au milieu des automobiles ? Le flou est très opaque, le Code de la Route ne prévoit rien de précis. Le port du casque, la présence de lumières à l’avant et à l’arrière, la vitesse maximale : faut-il improviser ? Rien n’est imposé ou limité, aucune assurance n’est obligatoire. Certaines trottinettes sont capables de rouler à 40 km/h, alors cela devient dangereux pour tout le monde ; en un an, le nombre d’accidents impliquant de nouveaux véhicules électriques individuels a augmenté de 23 %.

Une volonté politique qui se dessine

La présence au Salon Autonomy de la Ministre des Transports, Elisabeth Borne, et du Secrétaire d’Etat chargé du Numérique, Mounir Mahjoubi, atteste de l’intérêt que portent les pouvoirs publics à ces sujets. En effet, la Loi d’Orientation des Mobilités, qui sera présentée en 2019, permettra de tenir compte des innovations et des contraintes, et donnera l’opportunité d’accélérer le déploiement de ce qui fonctionne. C’est le résumé du message d’Elisabeth Borne, qui ajoute : « Notre ambition est d’avoir des leaders mondiaux dans le domaine de la mobilité. Aussi, la commande publique ne doit pas passer à côté de la révolution qui s’annonce ». D’ailleurs, les décisions qui vont être prises s’inscrivent dans un cadre plus large, pour le Gouvernement, car cela inclut les infrastructures de charge, les locations de vélos, l’auto-partage, etc.

La distribution attend son heure ?

A l’heure actuelle, la distribution d’EDP est atomisée, dans des boutiques spécialisées, ou s’effectue via le Web. En effet, le retail traditionnel et, notamment, les Grandes Surfaces Spécialisées n’ont pas encore structuré de rayons permanents dédiés à la mobilité urbaine, dans les points de vente. « Un marché de coups promotionnels dans les GSS, à certaines périodes de l’année, où... nous voyons fleurir des îlots et des têtes de gondole », c’est en substance le constat que fait Isaac Bouni, Fondateur de Weebot, marque spécialisée en mobilité urbaine. Selon lui, globalement, les hoverboards sont en décroissance au profit d’une offre plus... stable telles que les trottinettes ou les vélos électriques. D’ailleurs, son modèle “Fat Bike Garrett Miller”, au look de chopper yankee, plaît beaucoup à ses clients. Autre acteur traditionnel du retail classique, TomTom, qui exposait également sur Autonomy, et qui a confié – par l’intermédiaire de Vincent Martinier, son Directeur de la Communication – que l’essor de la mobilité urbaine avait considérablement modifié son approche des marchés. L’enjeu de TomTom est de se focaliser aujourd’hui sur les data, sur du conseil, sur la navigation intelligente et sur des applis, faisant la part belle à une cartographie extrêmement précise des villes, au regard de la baisse très nette de vente de GPS en magasin.
Pour conclure, selon la vision de l’organisateur d’Autonomy qui est déjà devenu un Salon européen référent : et si Paris devenait la capitale mondiale de la mobilité ?