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Strasbourg s’ouvre au design

le 29 septembre 2009.

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Pour sa troisième édition, le parcours du design de Strasbourg a connu un franc succès puisque ce sont 100 participants sur 33 sites différents qui ont animé la ville du 4 au 14 juin derniers. Avec comme fil conducteur l’éco-conception, industriels, commerçants et designers ont su illustrer cette notion dans de nombreux travaux et scénographies.

Bénédite TOPUZ
Confortique Magazine
n° 212 août-septembre2009

 

Organisée par la CCI de Strasbourg et du Bas-Rhin, en liaison avec l’Institut Français du Design, cette troisième édition accorde une large place aux entreprises de la région qui intègrent le design dans leurs stratégies d’innovation. Ainsi sur la centaine de participants un tiers sont des industriels, un autre tiers sont des designers et enfin les commerçants. Rappelons que ces derniers sont à l’initiative de la première édition car ils sont le lien entre les designers et le grand public. Véritable circuit à travers la ville et ses environs, le parcours du design offre une mise en lumière d’initiatives diverses et variées. Et comme l’explique Pierre Bardet, vice-Président de la commission commerce de la CCI de Strasbourg et du Bas-Rhin, "le parcours du design est un moment festif. Il ne cherche pas à nous faire oublier la crise que nous traversons. Au contraire, il est un outil pour nous aider à y voir plus clair, à trouver des solutions pour en sortir par l’innovation, la réflexion autour des produits de demain mais aussi par l’intervention de nouveaux modes de consommation."

 

L’éco-conception mise en avant

Au-delà des législations, l’éco-conception est un outil d’innovation intégré par les services R&D, les designers et les industriels, d’où le choix de prendre ce thème comme fil conducteur. L’éco-conception consiste à concevoir ou à améliorer un produit en intégrant des aspects environnementaux aux critères de qualité, d’esthétique, de faisabilité technique et de coûts à tous les stades du cycle de vie du produit. Ainsi, la majorité des produits exposés tenaient compte d’un ou de plusieurs de ces éléments.

Nous pouvions apprécier chez divers commerçants répartis dans toute la ville, une animation par la mise en avant d’objets design sélectionnés ou la présentation de designers souvent originaires de la région. Toutefois, trois designers Suisses invités par le Consulat de Suisse se sont fait remarquer, dont les designers Fries&Zumbühl et leur collection de luminaires.

Parallèlement l’exposition "mode de vie, mode d’emploi", située dans l’espace Expo de la CCI, mettait en évidence des produits déjà commercialisés, dotés d’une dimension écologique pour répondre au thème d’éco-conception affiché en collaboration avec l’Ademe et la DRIRE. Une seconde exposition "Bouillon de culture" accordait une place aux écoles et designers qui présentaient des projets et prototypes éco-conçus ou écologiques. Toutes ces expositions et animations étaient accompagnées par un programme de conférences sur divers thèmes. Le développement durable, désormais incontournable et qualifié par Anne-Marie Sargueil, Présidente de l’Institut Français du design, de "fédérateur", était donc bien intégré dans la plupart des créations présentées. Vu le succès de ce thème, la CCI propose désormais aux professionnels une formation en éco-conception.

 

Au travers des ruelles…

Ainsi en flânant une journée dans les rues de Strasbourg, nous pouvions croiser les œuvres de la société Denovo, Designer spécialisé dans des secteurs encore trop peu concernés par le design comme le secteur médical, ou encore des maquettes de l’école d’architecture installées dans le Grand Hôtel situé en face de la gare. Un arrêt s’imposait au magasin Le Store, où la société Apple présentait un ordinateur portable le plus écologique jamais conçu. Une scénographie de sable et de verdure illustrait cette approche écologique qui notamment a permis de réduire de 30 % l’énergie de l’écran grâce au LED. Plus loin, le conseil d’architecture d’urbanisme et de l’environnement accueillait une exposition baptisée "handmadehightech", en partenariat avec l’association Idée et la société Thorn. Elle rassemblait sept designers qui ont associé un savoir faire traditionnel verrier aux nouvelles technologies d’éclairage. Autre lieu, autre atmosphère, une exposition à l’Hôtel de ville dénommée "boring products" invitait le visiteur à se confronter, non sans humour, à une multitude d’interprétations de l’ennui. Parmi les sociétés actives qui exposaient à la CCI, on peut citer la société Reneka et ses trois machines à café différentes réalisées avec 90 % de composants communs pour une meilleure standardisation de fabrication et donc un meilleur respect de la nature. La société Hager, pour qui le développement durable est une des premières préoccupations, exposait des produits conçus par leur designer Erwin Van Handenhoven. Nous pouvons également citer les caves à vin de chez l’artisan concepteur Vinosafe ou encore les poêles à granules de la société française Pagnod ou les éclairages d’Osram et enfin les pèse-personnes et balances de cuisine de EKS… autant d’innovations présentées par des industriels motivés par le design et l’éco-conception. Car, tous ces produits innovants offraient une standardisation des composants ou une économie d’énergie, ou tout autre qualité environnementale.

La salle Mozart, bien connue des Strasbourgeois, réunissait des collectifs de designers comme le collectif de cinq jeunes designers, Mojah, qui travaille à partir de l’existant ou de la transformation de l’objet ; une certaine forme de recyclage. Autre collectif, Art et Carton créée et distribue des meubles et objets en carton, solides tout en étant respectueux de l’environnement. Enfin plusieurs écoles y présentaient leurs prototypes :  futures créations de demain ! •