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Les invendus ne seront plus détruits !

Écrit par Deborah Koslowski le 8 août 2019.

20190808 Invendu detruit entrepot

L’exécutif, au travers d’une prise de parole du Premier ministre français datant de juin dernier, a tranché : au plus tard en fin 2021 (fin 2023 selon les cas), il sera interdit de détruire les produits.

Un “gaspillage scandaleux pour le bon sens”. C’est ainsi qu’Edouard Philippe, actuel locataire de Matignon, a qualifié la destruction des produits manufacturés - neufs pour la plupart - dont les consommateurs n’ont pas voulu, à l’occasion d’une visite dans les locaux de Cdiscount à Paris. Une déclaration qui fait suite, notamment, au scandale révélé par Capital qui, en janvier dernier, nous apprenait que, bien qu’il n’y avait rien d’illégal, Amazon avait détruit plus de 3 millions de produits en parfait état de fonctionnement, en France, en 2018. Machines à café, écrans plats, jouets, vêtements, neufs ou avec de petits défauts, sont ainsi partis à la poubelle pour être incinérés ou enfouis, sans autre forme de procès… le coût de stockage ou, encore, celui de la revalorisation des invendus étant, pour les revendeurs, bien moins avantageux que celui de la destruction. Et le cas du géant américain serait loin d’être isolé. Environ 650 millions d’euros de produits non alimentaires, invendus bien qu’immaculés, seraient ainsi jetés ou détruits, chaque année, dans l’Hexagone, a fait savoir le cabinet du Premier ministre.

Dons et recyclage

« Lorsque nous examinerons le projet de loi préparé par Madame Brune Poirson (Secrétaire d’État à la Transition écologique, NDLR), nous aurons l’occasion de prendre une mesure qui consistera en l’interdiction de l’élimination des invendus. Ce sera une première mondiale », a déclaré, implacable, Edouard Philippe, face à ce désastre, tant écologique, qu’économique et social, annoncé. La mesure, présentée jeudi 11 juillet en Conseil des ministres, en même temps que celle relative à l’indice de réparabilité des produits, doit favoriser l’économie sociale et solidaire. Mieux gérer ses stocks pour éviter le gaspillage mais aussi donner (aux associations, entre autres), réemployer, réutiliser ou recycler les biens non vendus deviendra ainsi la norme, dès 2021 pour les produits disposant d’une filière de collecte et recyclage dite “REP”, et dès 2023 pour le reste (à l’exception des produits cosmétiques, car périssables). Des sanctions à l’encontre des entreprises contrevenantes seront décidées lors des débats parlementaires.
Par ailleurs, comme le rappelle l’ONG Les Amis de la Terre, plus que gérer les invendus, afin de lutter efficacement contre le gaspillage et faire face à l’urgence climatique, réduire les niveaux de production pourrait être la solution. Au même titre que de continuer à inciter le consommateur à réparer/faire réparer ses biens plus ou moins endommagés (grâce à l’indice de réparabilité et aux ateliers de réparations ouverts à tous qui fleurissent un peu partout)… plutôt qu’à le pousser à acheter pour acheter.•