20170602 son image
Imprimer

Assemblée ECR : L’avenir de la Supply Chain

Écrit par Aïssatou Baldé le 13 juillet 2017.

20170713 Assemblee ECR 1

Xavier Hua, Délégué général d’ECR, présentait les différents travaux réalisés au cours de l’année, à l’occasion de la réunion annuelle d’information le 8 juin dernier, et devant près de 130 adhérents.

Efficient Consumer Responsive est une organisation dont l’objectif est de rassembler les différents acteurs du commerce, en vue d’effectuer une réflexion commune pour optimiser la profession et trouver des solutions d’organisation innovantes et performantes, pour la chaîne de commercialisation et d’approvisionnement.
Cette année encore, divers ateliers ont été mis en place. Des séances qui ont pour but de rendre les systèmes d’échanges plus efficients, moins coûteux et plus réactifs aux nouvelles attentes du consommateur.
 
Le consommateur et ses nouvelles pratiques

L’étude sur le Shopper Omnical et ses nouvelles pratiques a révélé que le parcours du consommateur évolue selon ses besoins, mais également selon ses moyens et son mode de vie. Dans ce sondage, 68 % des shoppers déclarent avoir changé leurs manières de faire les courses depuis quelques années. Un chiffre important, qui regroupe plusieurs nouvelles pratiques. Par exemple, 22 % des personnes sondées ont déclaré utiliser internet avant de se rendre en magasin, tandis que d’autres ont recours au drive. 19 % disent “l’utiliser régulièrement”. Pour 19 % des répondants, la crise est à l’origine des mutations observées dans les modes d’achat. 1 shopper sur 3 est déjà omnicanal, notamment lors de ses achats courants pour lesquels il fréquente plus de trois circuits différents.
Les sondés ont également été interrogés sur la mixité des circuits qu’ils empruntent. Une pratique qui consiste à comparer les prix en ligne avant d’effectuer un achat en magasin. Nous retrouvons une forte mixité de circuits dans les domaines du maquillage (49 %), de la parapharmacie (46 %), des produits bio (36 %), du textile (36 %), de l’univers du bébé (34 %), des produits de beauté, bien-être et santé, qui sont jugés sensibles et pour lesquels la qualité est indispensable. Dans ces domaines, les consommateurs veulent optimiser au maximum le rapport qualité-prix. Il s’agit souvent de produits chers, mais que les acheteurs considèrent comme nécessaires, car ils leur apportent un confort indispensable. Au contraire, les secteurs pour lesquels nous retrouvons le moins de mixité dans les circuits sont les liquides (hors bio), avec 25 %, l’hygiène hommes, avec 25 %, les animaux, avec 21 %, et les produits d’entretien de la maison, avec 18 %.
La pratique du mixte inversé ne concerne que certaines catégories de produits ou s’applique lorsque le produit n’est plus disponible en rayon ou en stock.
Les shoppers ont également développé des stratégies lorsqu’ils font leurs courses. Elle est dite “étroite” quand l’activité ne se concentre que sur peu de circuits ou, au contraire, “large” lorsque les consommateurs ont recours à des canaux plus diversifiés.
Il existe également des stratégies “figées”, traduites par un manque de motivation ou inertie ou, au contraire, “évolutives”, pour ceux qui veulent prendre le temps de rechercher de nouvelles possibilités d’offres.

20170713 Assemblee ECR 220170713 Assemblee ECR 320170713 Assemblee ECR 4

Portrait des différents Shoppers

En définitive, cette étude a permis à ECR de dresser un portrait des différents consommateurs grâce à leurs pratiques.
Les efficaces représentent 13 % des sondés. Ils aiment gagner du temps et se débarrasser de la corvée des courses. Viennent ensuite les aficionados du web, 11 % des shoppers, qui aiment faire leurs achats devant leurs écrans et être livrés. Contrairement aux purs sensoriels, 13 %, qui préfèrent sentir et toucher les produits qu’ils achètent en fonction de leurs envies. Les débrouillards, également 13 %, vont faire leurs courses avec plaisir. Ils préfèrent prendre leur temps et ne sont pas intéressés par les prix cassés du web. Les traditionnels représentent quant à eux 11 % de l’effectif total. Ils ne sont pas du tout attirés par les e-shops et ils privilégient un contact direct avec les produits. Les dénicheurs sont des acheteurs compulsifs. Ces 16 % d’acheteurs achètent au feeling, sans contrainte de budget. Ils profitent des promotions et font souvent des achats en gros pour faire des stocks. Ils aiment les jeux et concours leur permettant de gagner des lots. Enfin, nous trouvons les 16 % de désengagés. Ils n’apprécient rien dans le fait de faire des courses. Se déplacer, choisir ou encore trier les exaspère. Ils n’ont aucun mal à devoir résister à la tentation des promos et n’ont absolument pas confiance en internet.
Un nouveau profil a fortement retenu l’attention lors de l’assemblée : l’”Earl adopter”. Il est bien plus jeune que la moyenne (un tiers de ces shoppers ont moins de 30 ans). C’est un citadin, CSP+, ayant une famille avec ou sans enfants. Il est attiré par toutes les innovations et nouvelles tendances. Un acheteur plein de promesses, sur lequel toutes les filières du commerce doivent concentrer leurs efforts pour améliorer et optimiser le processus d’achat.
Face à ces résultats, plusieurs conclusions ont été tirées. Premièrement, malgré l’évolution constante des habitudes d’achats, 39 % des shoppers restent attachés aux magasins physiques. Pour autant, l’évolution des pratiques est assez importante pour que soient mises en place des solutions qui permettent d’optimiser l’expérience d’achat. Second point, nous remarquons que la vente en ligne a imposé un nouveau modèle binaire de shopping : le local vs le global ou encore le physique vs le virtuel. Des modèles que l’on ne peut pas vraiment opposer, mais plutôt associer pour contenter tous les profils d’acheteurs. Les adhérents ont tous exprimé leurs interrogations face à aux nouvelles configurations que “subit” la profession.
 
Les résultats des travaux de la Supply Chain

La Supply Chain à l’horizon 2025” est le premier atelier de réflexion prospective. Une expérience pédagogique qui a rassemblé près de 40 directeurs de Supply Chain : 9 distributeurs, 15 industriels et 6 prestataires logistiques, de tous les secteurs, venus débattre sur l’avenir du secteur. Les participants ont partagé leurs différentes visions sur l’évolution de la Supply Chain et ont identifié les tendances majeures et les projets à démarrer au sein d’ECR.
Les échanges entre les participants ont fait ressortir 3 thèmes sur lesquels tous les membres souhaiteraient travailler : le dernier kilomètre, qui représente l’accélération de la livraison des consommateurs (qui sont de plus en plus exigeants, notamment sur la disponibilité des produits).  La digitalisation des forces de vente, qui permettrait de mieux répondre aux demandes des clients et enfin, les nouveaux métiers.

Le consommateur au cœur des enjeux 2025

Dans le secteur de la logistique, l’internet des objets a engendré de nouvelles capacités, comme l’obtention de l’information, comme l’analyse et l’utilisation des datas. Autre phénomène, celui de l’internet 2.0, qui a changé le statut de l’acheteur, qui devient un “consomacteur”. Avec l’avènement des réseaux sociaux, la réputation des entreprises peut se jouer en un tweet, un commentaire ou autres systèmes de communication virale. Les entreprises doivent donc être préparées à une communication d’entreprise en ligne. Ces nouvelles façons de communiquer vont mener sans aucun doute à la mise en place d’un nouveau business model, plus collaboratif ou plus décentralisé. Une sorte d’ubérisation de la Supply Chain. C’est un nouveau rapport de forces qui s’installe et les acteurs de la filière doivent en prendre conscience et apprendre à l’intégrer à l’entreprise. Des estimations ont révélé qu’en 2025, aux États-Unis, 70 % des consommateurs n’achèteront pas les produits d’une entreprise qu’ils n’aiment pas, et 90 % des américains prendront en considération la façon dont est fabriqué un produit avant de l’acheter. Pour la décennie à venir, il semble évident que la tendance d’acheteur engagé va se normaliser.
Répondre à cette nouvelle façon de consommer est l’objectif majeur pour les années à venir. Les industriels et distributeurs doivent repenser le modèle linéaire et séquentiel du fournisseur au fabricant, pour créer un véritable écosystème autour du consommateur. D’autres objectifs sont imposés par l’État : la compétitivité de la filière avec l’emploi et le recrutement qui seront accentués dans les années à venir, mais également la transition énergétique et la révolution numérique.
À l’écoute de ses adhérents, ECR prévoit de mettre en place une étude sur “Le shopper, rupture multisectorielle” et une autre sur “les nouveaux métiers de la Supply Chain”. Des outils qui serviront pour les ateliers à venir, et dont les résultats seront uniquement disponibles pour les adhérents.