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Cetelem, consomation : vent d'optimisme

Écrit par Sabine Alaguillaume le 2 septembre 2014.

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Le nouvel Observatoire Cetelem de la Consommation en témoigne : les Européens veulent croire à la reprise économique. Pour la première fois depuis 5 ans, ils considèrent que leur situation personnelle s’améliore et les intentions d’achat repartent à la hausse… Sauf que… La France fait exception. Pourquoi ? 

Le frémissement est léger, mais bien présent, ne boudons pas notre plaisir : une brise d’optimisme souffle sur la dernière édition de l’Observatoire Cetelem de la consommation en Europe. La situation s’améliore progressivement et plusieurs pays repartent en (légère) croissance après de nombreux trimestres de récession. Le moral des ménages se redresse : concernant la situation générale de leurs pays, ils accordent une note moyenne de 4,0, contre 3,7 il y a un an. C’est la première fois depuis 5 ans que la note de moral remonte en Europe. Dans le trio de tête, l’Allemagne, la Belgique et le Royaume-Uni affichent un dernier trimestre particulièrement bon. En Allemagne, la note est historiquement bonne (6,3/10), supérieure même à celle octroyée avant la crise (5,2/10 en 2008). Le dynamisme du marché du travail y est un facteur clé de confiance : le taux de chômage en Allemagne frôle 6,8 % au 2e trimestre 2013, soit l’un des plus bas niveaux depuis 1990. Parmi les huit pays qui affichent un résultat en hausse, on compte aussi l’Espagne et le Portugal, avec cependant une note très basse (2,9/10). Le taux de chômage espagnol reste très élevé (près de 26 %) et la baisse des salaires drastique : l’économie espagnole a regagné en compétitivité, mais au prix d’un coût social élevé.
Et puis surtout, à rebours de cette tendance générale, les Français, très pessimistes, attribuent leur note la plus basse (3,9/10) depuis 2006. L’Italie, la Pologne et la Slovaquie affichent aussi un moral en léger recul. Or, tous ces pays, France comprise, ont aussi renoué avec la croissance au cours de l’année 2013… (+0,2 % en 2013 dont + 0,5 % au dernier trimestre, et 0,9 % estimés pour 2014)… Pas suffisamment aux yeux de consommateurs qui jugent donc les perspectives économiques incertaines et mitigées.
A titre personnel, les Européens retrouvent également un léger sourire, avec une note qui atteint juste la moyenne (5,0 contre 4,8 il y a un an). Un seul pays est à la baisse : la France (5,2 contre 5,3). Les raisons de ce désenchantement français dont nombreuses et se sont accumulées à l’automne 2013 : hausse des impôts, augmentation prévue de la TVA, relèvement programmé des tarifs de l’électricité… Il reste important de noter que, de façon générale, dans chacun des pays, les consommateurs jugent leur situation personnelle supérieure à celle du pays. Ce qui témoigne d’une certaine vigueur, et du sentiment des Européens d’être aptes à tirer leur épingle du jeu dans une situation économique dégradée. Le différentiel est parfois important (1,3 en France) : ce fort écart s’explique par rapport au chômage qui reste une préoccupation essentielle. Or, la France compte 5,5 millions de fonctionnaires et 15 millions de retraités, soit quasi 21 millions de personnes qui ne perdront pas leur emploi… Tous ceux-là jugent leur situation personnelle de façon plutôt positive même s’ils sont plus inquiets pour le pays.

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Le bout du tunnel

Globalement les Européens sont donc plus confiants et reprennent espoir en un avenir meilleur. Cela se traduit par des intentions de consommer en hausse : 40 % d’entre eux veulent consommer plus en 2014 ( 33 % il y a un an). Les chiffres français ne sont pas au top niveau ( 28 % contre 22 % en 2013). A l’inverse, les Roumains (71 %) et les Slovaques (77 %) affichent toujours un appétit de consommation toujours aussi vivace, pour rattraper les standards d’équipement européen. Cela s’est largement rationalisé dans d’autres pays de l’Est (Pologne 31 % ou Hongrois, 38 %).
Dans ce contexte de hausse des dépenses, les intentions d’épargne baissent légèrement. Ce qui est bien évidemment cohérent. 37 % des consommateurs européens déclarent vouloir accroître leur épargne, contre 39 % en 2013. La France figure en tête de ligne de cette épargne sacrifiée (26 % en 2014 contre 37 % en 2013)… mais le bas de laine y reste important.
Parmi les dépenses envisagées, le poste “Voyages, Loisirs” est le plus largement plébiscité. Sauf en Pologne et en Slovaquie où les consommateurs le placent derrière les “Produits électroménagers” ou les “Travaux d’aménagement et de rénovation”. Ces deux postes restent d’ailleurs partout très prisés, mais se partagent plutôt les rangs 2 et 3 des intentions d’achats dans l’ensemble des pays. Cependant, à l’inverse de la quasi-totalité des pays, la France s’inscrit là encore à rebours de la tendance, avec des intentions d’achat par poste en recul par rapport à 2013… Une position qui semble confirmer leur perception d’une reprise économique encore fragile.•