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L’image au service du son

le 8 mars 2012.

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Profitant ces dernières années du regain d’intérêt du grand public pour l’équipement audio, grâce à l’essor des lecteurs MP3 et la recherche d’une meilleure qualité de son dans la télévision afin de pallier les soucis inhérents aux écrans plats, le segment audio poursuit sa croissance au sein du marché de l’EGP. Bénéficiant également de la dynamique générée par le Home Cinema et la tendance à l’intégration, le marché de l’audio est en outre plus accessible au grand public grâce au développement de petits produits d’appoint. 

Pierre GAUTHIER

Confortique Magazine
n° 235 Février/Mars 2012

 

Essentiellement considéré à travers sa connectique, sa puissance et son format audio, l’équipement audio a su évoluer technologiquement parlant, pour suivre les tendances imposées par les autres segments de l’EGP.

Ainsi, si les systèmes embarquant des enceintes filaires continuent de dominer l’offre en linéaires (98,5 %), certains modèles proposés avec des enceintes sans fil ont récemment fait leur apparition. Soutenus par le développement des technologies de transmission du son sans fil tel qu’Airplay (Apple), ces équipements se révèlent légèrement plus chers que leurs homologues filaires (413 euros contre 319 euros en moyenne), bien que les prix en magasin tendent à baisser drastiquement depuis un an, passant de 587 à 413 euros pour les modèles équipés d’enceintes sans fil. Moins impactés par cette baisse des prix, les systèmes filaires accusent cependant une légère baisse de leur prix de vente moyen en linéaire (de 361 à 319 euros). Il en résulte naturellement un recul de la valeur de l’offre dont le prix de vente moyen se situe aujourd’hui à 329 euros contre 373 euros il y a un an.

A l’instar de ce qui peut être observé sur les autres segments de l’EGP, les GSS tirent une fois encore leur épingle du jeu grâce à un prix de vente moyen plus élevé (448 euros pour les modèles sans fil, 355 euros pour les systèmes filaires) que la moyenne du marché. Toutefois, cela ne les empêche pas d’accuser une baisse de la valeur quasi identique à celle observée dans les hypermarchés.

Les formats 5 .1, 6.1 et 7.1 plébiscités

Concernant le format audio, s’il est vrai que les équipements surround continuent de dominer le segment audio, représentant 63,6 % de l’offre, le marché observe toutefois une montée en puissance des systèmes stéréo 5.1, 6.1 et 7.1 qui sont essentiellement employés pour le Home Cinema.

En effet, si l’optimisation de l’expérience sonore demeure l’une des priorités du consommateur, ce dernier cherche également à profiter de la qualité de son installation dans d’autres configurations telles que le cinéma voire le gaming. Or, contrairement aux apparences qui suggèrent que les systèmes 5.1, 6.1 et 7.1 s’intègrent plus

facilement, nécessitant ainsi le concours d’un spécialiste voire d’un intégrateur, ce sont les hypermarchés qui se révèlent les plus dynamiques sur ce segment de marché avec une offre proportionnellement plus importante (33,7 % contre 32,9 % pour les GSS). A contrario, les GSS se révèlent plus dynamiques sur les équipements surround (64,1 % contre 62,7 % pour les hypermarchés).

Autre constat visible, l’offre s’est sensiblement réduite chez les GSS (de 27,3 à 25,6 références en moyenne) tandis qu’elle s’est enrichie chez les hypermarchés (de 16 à 17 références). Si dans les faits cela a permis à l’offre de croître en nombre de références chez les hypermarchés, cela a entraîné leur diminution chez les GSS, et cela tant pour les équipements surround que pour les systèmes stéréo 5.1, 6.1 et 7.1. Comprimés entre ces deux grandes familles d’équipement audio, les systèmes intermédiaires tendent progressivement à disparaître des linéaires, devenant de plus en plus anecdotiques. Or, de manière assez ironique, il s’agit de la seule famille de produits à connaître une croissance en valeur grâce à un prix moyen qui est passé de 239 à 256 euros en un an, alors que les deux autres catégories accusaient une érosion de leur valeur. Toutefois, cette hausse ne concerne que les hypermarchés au sein desquels cette offre demeure la plus importante (3,6 références contre 2,9 en moyenne chez les GSS). Réussissant bon gré mal gré à maintenir un semblant de valeur sur le segment des systèmes stéréo 5.1, 6.1 et 7,1 avec un prix de vente moyen de 392 (contre 409 en décembre 2010), les GSS accusent néanmoins la plus importante baisse en valeur sur le marché (de 415 à 364 euros).

Vers une montée en puissance de l’équipement

Servant généralement à caractériser la performance audio aux oreilles du consommateur, la puissance des équipements semble en proie à une légère augmentation au sein de l’offre. S’il est vrai que les appareils de faible puissance (10-50W) demeurent anecdotiques, voire sont en train de disparaître des linéaires, passant en effet de 15,2 % à 7,4 % de l’offre, ce n’est en revanche pas le cas des équipements disposant d’une puissance supérieure. Dominés par les équipements de 100 à 199 W qui représentent près de 50 % de l’offre, les linéaires voient en outre une augmentation des autres catégories d’appareils. Au coude à coude en termes de références, les équipements de 51 à 99 W et de 200 à 499 W progressent légèrement (de 11,1 % à 14,0 % et de 11,2 % à 15,3 %). Catégorie en plein développement, les systèmes de 500 à 2000 W observent une demande de plus en plus importante, représentant aujourd’hui 6,4 % contre 1,9 % il y a un an. Cette performance s’explique notamment par l’engouement des GSS pour les équipements de puissance plus élevée, positionnés il est vrai plus haut de gamme. D’où une réduction de l’offre en linéaire sur les systèmes de moins de 200 W. Si ce phénomène est également enregistré chez les hypermarchés, en revanche les deux circuits affichent tous deux une montée en puissance des équipements de 51 à 99 W. En ce qui concerne l’évolution de la valeur de l’offre, seuls les équipements de plus de 200 W ont vu leur prix de vente moyen augmenter, les modèles de plus de 500 W affichant la plus forte progression (de 325 à 364 euros). S’il est vrai que les appareils de faible puissance réussissent à maintenir un certain niveau de prix (de 397 à 412 euros), l’offre intermédiaire accuse a contrario une érosion importante de sa valeur (de 341 à 266 euros pour les équipements de 50 à 99 W, et de 342 à 298 euros pour les systèmes de 100 à 199 W).

Le Home Cinema à la rescousse de l’audio

De manière évidente, la montée en puissance du Home Cinema et des téléviseurs à écrans plats a profité de près comme de loin au marché de l’audio. Il suffit en effet de considérer le taux d’équipement en prise HDMI des équipements audio pour s’en rendre compte. Equipant près de 90 % de l’offre, le format HDMI s’est peu à peu imposé dans les systèmes audio. Résolument positionnés en faveur des produits techniques et des avancées technologiques, les GSS disposent proportionnellement de l’offre en appareils équipés de ports HDMI la plus importante (90,9 % contre 87,6 % pour les hypermarchés). En effet, tandis que les équipements dénués de port HDMI font de la résistance chez les hypermarchés, l’offre est sur le point de disparaître chez les spécialistes pour établir le format HDMI comme un standard. Cette banalisation du format HDMI a naturellement eu un impact sur le prix de vente moyen des systèmes équipés de ports HDMI. Bien que les deux solutions accusent toutes deux une baisse sensible de valeur, les appareils équipés de ports HDMI demeurent plus accessibles en termes de prix (325 euros) que leurs homologues qui en sont dépourvus (366 euros). Ce constat est d’autant plus surprenant qu’il s’agit d’une technologie relativement récente, sensée apporter une certaine valeur ajoutée à l’offre de produits. Bien que les hypermarchés et les GSS accusent tous deux une baisse notable en valeur, il est à noter que ces deux circuits de distribution réussissent malgré tout à maintenir une certaine valeur dans le segment des systèmes dépourvus de port HDMI. Il en résulte une perception mieux valorisée de l’expérience sonore des équipements analogiques, là où le numérique a pris l’avantage dans le domaine de la vidéo. •