Imprimer

Fnac franchise, une dizaine d'ouvertures prévues cette année

le 1 septembre 2015. Rubrique Distributeurs

Après l'ouverture d'un premier magasin franchisé en 2012, à La Roche-sur-Yon, la Fnac accélère le rythme cette année et table sur une dizaine de nouveaux magasins franchisés. Fer de lance du projet d'entreprise Fnac 2015 impulsé en 2011 par Alexandre Bompard, la franchise permet à l'enseigne de densifier sa présence sur le territoire français, principalement dans les villes de moins de 100 000 habitants. Cette stratégie est pilotée par un expert de ce type de transformation, Manuel Biota. Il a été nommé au poste de Directeur Franchise et nouveaux formats en 2012, après 15 ans chez Promodès puis Carrefour en charge des formats de proximité.

20150901 fnac ouv

Pourquoi la Fnac a-t-elle décidé d'ouvrir l'enseigne à la franchise ?
M.B : L'idée a été lancée et validée à l'été 2011, dans le cadre du projet d'entreprise « Fnac 2015 », suite à l'arrivée de la nouvelle direction pilotée par Alexandre Bompard. Le constat était simple : la Fnac bénéficiait d'un maillage plutôt bon sur le territoire français, principalement dans des agglomérations de plus de 100 000 habitants, mais n'était pas assez présente dans les petites et moyennes villes. Pour travailler cette proximité en bonne intelligence, nous avons choisi de nous appuyer sur des experts locaux, souvent des libraires, mais pas uniquement. Dans ces zones de chalandise, la relation client est différente, il y a d'autres réflexes, d'autres savoir-faire et il faut du temps pour s'implanter. En parallèle du développement en franchise, le plan stratégique Fnac 2015 comprenait d’autres leviers de croissance : l’omnicanalité (la complémentarité entre notre site Internet et nos magasins), l’introduction de nouvelles familles de produits (Pem, jeux jouets, papeterie, téléphonie et objets connectés), de nouveaux services et une offre commerciale attractive.

20150901 fnac biota


Manuel Biota, Directeur franchise.


Quel profil de franchisé privilégiez-vous ?
La Fnac a un concept qui est riche, diversifié, ce qui rend plus complexe notre transformation puisque nous avons de nombreux concurrents, dans les différents segments de marché que nous couvrons. Nous avons donc ciblé les libraires référents, eux aussi confrontés à des transformations digitales qui les amènent à se questionner sur l'avenir de leur métier et de leur établissement. Certains ont perçu l'ouverture de la Fnac à la franchise comme un relai de croissance supplémentaire leur permettant de consolider leur fonds de commerce, et ainsi poursuivre cette activité qu'ils aiment, le livre. Sur nos 40 franchises à l'heure actuelle, nous comptons cinq anciens libraires indépendants. Nous privilégions des experts du retail qui connaissent très bien leur zone géographique et qui sont également des experts dans les domaines dans lesquels nous œuvrons (la culture, la téléphonie, la technique). Vous avez également noué voici plus d'un an un partenariat avec le Groupe Les Mousquetaires, visant à transformer les points « Culture et Loisirs » présents dans les galeries Intermarché en magasins franchisés Fnac... Oui, toujours dans l'optique de nous développer dans des villes de moins de 100 000 habitants. Il s'agit soit de magasins culturels existants, appartenant à des indépendants Intermarché depuis parfois une dizaine d'années, que nous transformons, soit de magasins que nous créons, à l'instar du magasin de Dole situé dans une galerie Intermarché. Il fait 600 m2 et a été inauguré le 29 juin. Nous avons quatre points de vente en collaboration avec Intermarché : Aubenas, Belleville-sur-Saône, Crest et Dole. Nous avons également un partenariat avec le Groupe Lagardère Services, pour les gares et les aéroports. Nous comptons aujourd'hui 16 magasins franchisés de ce type.

L'offre d'un magasin franchisé est-elle la même qu'un magasin intégré ?
Oui, mais nous opérons un ajustement des surfaces tout en maintenant une représentation de toutes les familles de produits. En transformant les premiers magasins (La Roche-sur-Yon, 1 700 m2 et Melun, 300 m2), nous avons constaté que les ventes de livre n'avaient pas baissé, même si la surface allouée avait été divisée par deux, l'autre moitié étant dévolue aux produits techniques. Le CD/DVD a en outre été introduit ; ce segment de marché pourtant difficile fonctionne très bien en proximité. Nous avions au départ enlevé les rayonnages TV, faute de place notamment. Par ailleurs, grâce à notre stratégie multicanal nous sommes en mesure de proposer les 11 millions de produits disponibles à la Fnac. Nos franchisés ont indéniablement augmenté leur chiffre d'affaires puisqu'ils n'ont pas perdu sur leur secteur historique, le culturel, auquel ils ont adjoint le technique. Nous avons travaillé un concept de proximité, avec cette idée de faire un magasin beaucoup plus agile et d'exposer des familles de produits mouvantes. Le magasin doit pouvoir changer d'univers, comme à Melun ou Beauvais, où, en période de rentrée scolaire, nous remettons toute la papeterie devant en une seule soirée. Nos magasins sont modulables et extensibles. Si nous avons besoin de développer demain les produits connectés sur cinq mètres parce que l'on a une famille photo qui diminue, le franchisé est capable de changer lui-même tout son mobilier.

En parlant de l'offre connectée... des corners dédiés seront-ils également mis en place chez les franchisés ?
Oui, nous travaillons aujourd'hui le concept « Fnac Connect », en format « boutique dédiée » dont le premier a été mis en place à Angoulême, sur 80 m2, ou en format « shop in shop ». Les perspectives sont prometteuses dans ce domaine. Nous avons été les premiers à déployer des corners sur les objets connectés il y a deux ans. Un flagship a ouvert sur les Champs-Elysées l'année dernière. Nous développons actuellement des espaces Fnac Connect dans notre parc existant, comme nous l'avions fait pour la téléphonie.

Quels sont les formats des nouveaux magasins franchisés ?
D'une part, nous avons mis en place une structure de franchise pour développer des magasins sous un autre mode d'exploitation et d'autre part, nous avons créé de nouveaux formats de magasin sur 300 m2, 600 m2, 900 m2, des espaces Fnac Connect, des magasins Duty free entre 60 et 100 m2 et les magasins Travel (gares et aéroports) qui font entre 150 et 300 m2. Nous savons également nous développer sous nos formats traditionnels à Doha, Casablanca ou La Roche-sur-Yon par exemple. Ce sont des contrats franchise classique. Nous avons aujourd'hui 40 points de vente en franchise. Notre objectif est d'ouvrir une dizaine de magasins franchisés par an ; nous étudions à l'heure actuelle le potentiel à terme.

La palette des services au cœur du concept Fnac est-elle proposée chez ces franchisés ?
En plus de notre notoriété nous multiplions nos forces grâce à tous les services. Fnac : la carte adhésion, le click and collect, le relai colis et la billetterie par exemple. Tous nos magasins prennent en charge le SAV : ce service peut être géré directement en magasin ou en relation avec notre plateforme centrale à Annecy.

De quelle formation bénéficient les indépendants sélectionnés ?
Nous analysons le profil de nos indépendants avec eux, leurs forces et leurs points à développer. Nous transmettons ces éléments à notre département formation. Nous commençons alors par envoyer le gérant et ses adjoints dans l'un de nos magasins intégrés de façon à ce qu'ils prennent connaissance de l'environnement, de l'écosystème, des outils Fnac dans lesquels ils vont naviguer. Nous avons ensuite un plan de formation qui va durer entre sept et dix jours, sur place, pendant que le magasin sera physiquement monté et avant qu'il soit rempli. Nous prenons toute l'équipe cette fois-ci et pilotons tout le processus de formation : produits, billetterie, adhésion, service client... C'est là que l'esprit Fnac se construit, que les équipes sont sensibilisées, s'approprient l'enseigne. Une fois cette formation finie, le magasin est monté physiquement, mais vide puis nous remplissons le magasin avec les équipes des franchisés. Cela permet à tous de s'approprier chaque rayon, de se familiariser avec la façon dont il est construit et ainsi, le jour de l'ouverture, les équipes ne découvrent pas le magasin. A partir du jour de l'ouverture et pendant deux semaines, nous doublonnons les postes pour accompagner les équipes de manière à les soutenir « passivement ». Nous les mettons en avant sur la vente, qui sera différente de ce qu'ils connaissaient auparavant. D'anciens clients habitués vont peut-être avoir une exigence beaucoup plus marquée qu'avant. C'est le prix à payer d'une notoriété d'enseigne plus importante. Nos équipes en renfort permettent alors aux équipes des franchisés d'avoir les bons réflexes. D'autant qu'à chaque fois que nous ouvrons un magasin, c'est vraiment un événement et cela démontre l'attachement historique à l'enseigne.

De quel accompagnement bénéficient les franchisés au-delà de cette période ?
Nous avons mis en place une structure Franchise, ici au siège (à Ivry-sur-Seine, NDLR), composée de 11 personnes comptabilisant entre 5 et 25 années d'ancienneté au sein de la Fnac, des collaborateurs venant des magasins et qui ont tout de suite adhéré au projet de transformation. Nous avons deux directeurs de régions, un pour la partie Travel (16 magasins de gares et aéroports Duty Free) et un pour le réseau classique, tous deux assistés d'une équipe de coordinateurs, d'experts des produits techniques, des produits éditoriaux et de toute la partie services (billetterie, adhésions, supports SAV, logistiques, etc.).

Propos recueillis par Noémie Martin