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Habitat Connecté : Intelligence à tous les étages !

Écrit par Laurent Feneau le 28 septembre 2016. Rubrique Objets connectés

20160928 Smart Home launch Paris

Avec une croissance de 25 % en France en 2015 pour le marché des objets connectés et une présence dans le monde de 32 milliards d’unités produits attendue en 2020, un bel avenir semble promis à l’habitat connecté, spécifiquement sur les secteurs de la sécurité, de l’éclairage et de l’électrodomestique où nombre d’acteurs ont déjà pris leurs marques. Focus sur un marché transversal et d’ores et déjà très concurrentiel…

La Fédération Française de la Domotique (FFD), le cabinet Context et le Smart Home Research Group*, viennent de publier une étude sur l’appétence des européens et des Français pour la maison connectée. Celle-ci tend à montrer que l’univers de l’habitat “intelligent” – ou Smarthome – n’a pas encore véritablement séduit les consommateurs français. Pas suffisamment du moins… Mais au fait qu’est-ce qu’une maison connectée ? « Il s’agit d’une habitation équipée d’un réseau de communication reliant au moins deux produits électroniques ou services permettant le contrôle ou le suivi à distance », explique d’emblée Adam Simon, Directeur général du cabinet Context. Au-delà, si les premières conclusions de l’étude tendent à poser comme certitude que le marché français de la maison connectée ne devrait pas franchir la barre des 2 milliards d’euros, celui-ci devrait néanmoins doubler son chiffre d’affaires l’an prochain et dépasser les 6 milliards d’euros en 2019. Bref, les Français commencent à s’intéresser tout doucement à cet univers (10,8 %), mais beaucoup moins que leurs voisins allemands qui se montrent plus enthousiastes (22,8 %). Au final, si les consommateurs de l’Hexagone font preuve de curiosité pour les objets connectés, plusieurs freins au développement du marché subsistent. « De plus en plus de Français cherchent à en savoir plus sur la maison connectée, mais il y a encore des obstacles à surmonter sur la manière dont les distributeurs physiques expliquent le concept aux consommateurs et comment l’industrie commercialise ses produits », poursuit ainsi Adam Simon (Context). Parmi les freins au développement du marché sont également cités les prix trop élevés, l’absence de visibilité des produits en magasins et le manque d’interopérabilité des produits. Bref, le consommateur français a besoin d’être éduqué sur le sujet et surtout d’être mis en confiance.
A contrario, GfK est beaucoup plus optimiste sur l’avenir immédiat des équipements dédiés à l’habitat connecté en France. Si la dernière étude publiée par le panéliste dresse en effet un bilan plutôt nuancé du marché des biens techniques pour l’année 2015 (-3 %), les produits connectés sont pointés du doigt comme le nouvel eldorado des industriels du secteur. Mieux – toujours selon GfK – la révolution des nouveaux objets connectés, si longtemps espérée par l’ensemble de la profession, commence à se concrétiser, tant au niveau de leur présence en linéaires que des actes d’achat eux-mêmes. « L’intérêt initial des consommateurs pour les produits dits wearable** se prolonge naturellement vers les autres univers, jusqu’à l’habitat. L’aspiration très marquée des français pour l’Internet des objets traduit un enthousiasme général, pas seulement celui des entrepreneurs de la French Tech, mais aussi celui de la distribution qui multiplie les initiatives pour promouvoir et construire une offre cohérente en magasin. Ceux qui ont poussé le rayon connecté en 2015 ont pu en mesurer les premiers bénéfices, engageant les autres à poursuivre les efforts », confie ainsi François Klipfel, Directeur général adjoint chez GfK Consumer Choices France.

La sécurité, clé d’entrée du marché de l’habitat connecté

Et force est en effet de constater que le marché hexagonal de l’habitat connecté ne s’en sort pas si mal. Ainsi, selon le dernier baromètre européen de la maison connectée publié par le Smart Home Research Group, le marché français reste loin derrière le marché allemand, mais progresse nettement, avec quelque 10 % d’intention d’achat sur les douze prochains mois. Pour 60 % des consommateurs interrogés, le panier moyen est de 250 euros. Celui-ci monte toutefois à 500 euros pour 30 % d’entre eux. La bonne surprise concerne les services où 75 % des Français interrogés seraient prêt à dépenser 15 euros par mois. Néanmoins ils ne sont pas prêts à acheter plusieurs produits à la fois – un peu plus de 3 % d’entre eux – et souhaitent commencer avec un seul équipement connecté, le tester et juger du bénéfice produit apporté avant d’en acheter un second. Bref, comme évoqué plus haut, l’utilisateur français ne manque pas d’intérêt pour l’univers du Smarthome, mais reste méfiant et demande à voir avant de passer à l’acte d’achat. Les barrières tombent toutefois plus facilement pour certaines familles de produits dont la valeur ajoutée est immédiatement et clairement perçue. C’est entre autres le cas des équipements connectés dédiés à la sécurité de l’habitat.
Toujours selon le Smart Home Research Group, la protection de la maison apparaît en effet comme le premier levier de développement du marché de l’habitat connecté sur l’Hexagone. Effet attentat oblige, la France est le pays de l’UE où les particuliers se sentent le moins en sécurité chez eux. Les chiffres parlent d’eux même… 35 % des Français se sentent “très” ou “plutôt” en insécurité à leur domicile tandis que 80 % appréhendent ce qui peut s’y passer en leur absence. Mais si nos compatriotes sont en attente de davantage de sécurité pour leur domicile, ils n’identifient pas pour autant les solutions capables de protéger celui-ci contre les effractions et autres intrusions. « Alors que la plupart des Français déclarent être soucieux de la protection de leur habitation lorsqu’ils n’y sont pas, seuls 9 % d’entre eux ont déjà entendu parler des caméras IP***. D’où l’enjeu de l’initiation à la maison intelligente, surtout sur le secteur de la sécurité où les équipements intègrent des technologies à forte valeur ajoutée. Pour l’heure, si les produits répondent à de vrais besoins, les consommateurs ne sont pas forcément au courant que les solutions existent », confirme ainsi Adam Simon (Context).

Des offres sur mesure

Pourtant, les produits sont légion. Judas intelligents, serrures électroniques, capteurs d’ouvertures de portes et fenêtres, ou encore caméras de surveillance et capteurs de mouvements, l’offre est des plus large et avance généralement une solution adaptée à chaque type d’attente et d’habitat (maison, appartement, habitat individuel ou collectif, etc.). Mais peut-être l’est-elle trop justement. Car, renseignements pris auprès des professionnels, quand bien même le consommateur connaît le produit, il n’en comprend pas pour autant les bénéfices et avantages. Le vendeur non plus… « Le grand public ne se rend pas sur le point de vente pour acheter un objet connecté, mais parce qu’il a un besoin concret : se protéger, surveiller, sécuriser, etc. Cette attente doit être intégrée et surtout comprise par le vendeur qui de fait pourra proposer au consommateur la solution la plus adaptée. C’est la raison pour laquelle nous avons repositionné notre gamme dédiée à la sécurité connectée en un “pack alarme”, afin que le grand public et la distribution comprennent immédiatement la promesse produit », explique ainsi Sébastien Joumard, Président France de Gigaset. De fait, le pack Gigaset Elements comprend une sirène, une caméra et un capteur de mouvements. Une solution complète donc, capable d’émettre un fort signal sonore afin de dissuader le ou les intrus et surtout d’envoyer une alerte sur le Smartphone ou la tablette de l’utilisateur qui a en outre la possibilité d’enrichir cette offre de base avec d’autres capteurs pour les portes, les fenêtres, etc.
Bref, les industriels se mettent en quatre pour lancer sur le marché des offres sur mesure, jusqu’à mettre à disposition des consommateurs des systèmes avancés de détection personnalisée. Netatmo propose ainsi Welcome, la première caméra intelligente, capable de reconnaître et d’identifier les visages. Grâce à sa technologie unique de reconnaissance faciale, elle désigne par leur nom les personnes qu’elle voit et apprend ainsi à reconnaître chaque membre de la famille. L’utilisateur reçoit sur son Smartphone ou sa montre connectée le nom des personnes que la caméra vient d’identifier. Il est également averti lorsqu’un visage inconnu et indésirable apparaît. « Récompensé au CES de Las Vegas, Welcome a également reçu d’excellents commentaires de la part des spécialistes de la sécurité connectée. Cette innovation contribue en effet à rendre la maison toujours plus intelligente. Grâce à elle, les consommateurs ont désormais la possibilité de savoir exactement qui entre chez eux et à quel moment. Welcome leur offre ainsi une véritable tranquillité d’esprit », argumente Fred Potter, Président et Fondateur de Netatmo.

Discrétion assurée…

Myfox qui équipe déjà 45 000 foyers sur l’hexagone défend pour sa part une démarche centrée autour des attentes du consommateur, à savoir protéger l’habitat, mais avec un minimum de contraintes. « Grâce à un capteur ad hoc et un dispositif d’activation intelligente, l’utilisateur est tout de suite reconnu en entrant chez lui ; l’alarme est en conséquence automatiquement désactivée », explique ainsi Jean-Marc Prunet, Président de Myfox. Pas de déclenchement intempestif donc, en faveur d’équipements misant par ailleurs sur la discrétion. « Le design de nos caméras est particulièrement étudié dans ce sens ; une partie de notre gamme est par ailleurs équipée d’obturateur motorisé qui permet à l’utilisateur qui le souhaite de basculer sur la fonction “caméra non intrusive” », ajoute Jean-Marc Prunet. Comme Myfox, D-Link – leader mondial de l’infrastructure de mise en réseau – mise lui aussi sur des équipements discrets et faciles à vivre. Rappelons ainsi que ce dernier a lancé en janvier dernier, le kit de sécurité mydlink configurable en un tour de main et pilotable grâce à l’application gratuite mydlink Home. « L’idée était d’utiliser notre expertise des produits réseau et notre plateforme Cloud pour permettre à l’utilisateur de bénéficier d’appareils hautement fiables, sécurisés et capables de communiquer entre eux ; c’est ce que permet ce kit intégrant caméra, sirène, capteurs et box », commente ainsi Marilyne Michel, Directrice France D-Link.
Surveiller sa maison c’est bien, en gérer et contrôler les accès depuis son Smartphone, c’est mieux… C’est ce que propose le groupe Assa Abloy. « Nous proposons des solutions différentes pour tous les types d’usages, de destinations – maison, appartement, tertiaire, industriel ou administratifs – et de canaux de distribution : des GSB/GSS aux professionnels de la quincaillerie et de la domotique, aux bâtisseurs et promoteurs immobiliers, sans oublier les fabricants de portes. Nous avons déployé pour la première sur tous ces canaux, en 2015, notre serrure connectée ENTR. Pour le grand public, nous avons fait le choix cette année de communiquer en amont sur la Foire de Paris où nous sommes lauréat du grand prix de l’innovation, et d’instaurer un partenariat exclusif avec Leroy Merlin », explique ainsi Cédric Lecaille, Directeur grande distribution et DIY Manager Assa Abloy. Rappelons que la serrure connectée ENTR offre une solution 100 % sécurisée qui allie confort et simplicité. Elle intègre à ce titre une liaison Bluetooth cryptée pour la partie électronique et un cylindre haute sécurité Vachette, soit le système VIP+ (anti-crochetage, anti-bumping) avec carte de propriété qui empêche la reproduction illicite des clés. Enfin et surtout, elle s’installe en quelques minutes et indépendamment du WiFi.
Autre acteur majeur du marché des équipements d’accès connectés, LiftMaster propose ainsi la technologie myQ, grâce à laquelle il est possible de contrôler et de commander ses portes de garage et/ou son portail à distance. Le tout quand on le souhaite et d’où on le souhaite via une application Smartphone ou une simple tablette. Autre avantage et non des moindres, myQ est aussi l’une des premières technologies à intégrer les équipements Nest. Les utilisateurs sont ainsi désormais en mesure de piloter les caméras/thermostats Nest de l’habitation. De l’art de jeter des passerelles entre deux univers majeurs de l’habitat connecté : la sécurité et le chauffage.

Smart Home, sweet Smart Home…****

Car si les Français plébiscitent avant tout les équipements dédiés à la sécurité connectée, ils sont également sensibles au confort supplémentaire que les objets connectés sont susceptibles d’apporter à leur logement. L’étude réalisée par le cabinet d’études Context et la Fédération Française de Domotique révèle en effet que les consommateurs qui s’équipent aujourd’hui en matière de Smarthome souhaitent avant tout bénéficier pour leur habitation d’un confort optimal, notamment en termes de chauffage. 30 % des personnes interrogées acquièrent des équipements dans ce sens. L’étude montre également que l’appareil smart le plus connu et le plus populaire est à 47 % le thermostat intelligent. Si comme pour la sécurité connectée, les solutions disponibles actuellement sur le marché sont légion, toutes – ou presque – permettent à l’utilisateur de contrôler à distance les différents paramètres de sa chaudière : température, arrêt, démarrage, etc. Le principe de fonctionnement de toute installation de chauffage connecté réside généralement dans la pose des équipements en deux parties : le thermostat sur lequel on règle la température, et le relais qui communique en WiFi avec la box Internet. Le tout permettant de gérer la chaudière depuis une application mobile – sur Smartphone ou tablette – quelle que soit la situation géographique de l’utilisateur.
S’il est des plus pratique, le thermostat connecté n’est malheureusement pas compatible avec tous les systèmes de chauffage. L’utilisateur doit en effet bénéficier d’un chauffage individuel et utiliser une énergie ad hoc. Le thermostat smart ne fait en effet pas bon ménage avec le chauffage collectif – imaginez les 50 locataires d’un immeuble en train de régler la chaudière collective avec leurs Smartphones ! – et s’il apprécie fuel, gaz et électricité, il n’apprécie pas pour l’heure les énergies alternatives que constituent le solaire et le bois. Pour le reste, les différentes solutions proposées sur le marché offrent nombre d’avantages. En premier lieu la souplesse, avec la possibilité de consulter la température du logement à tout moment, de l’ajuster si nécessaire, et surtout de programmer le chauffage afin qu’il se lance avant l’arrivée des occupants de l’habitation.

Connectivité & économies d’énergie

Chaffoteaux propose la plupart de ses fonctionnalités sur son application ChaffoLink. L’originalité de celle-ci est de proposer un double contrôle à distance. Celui de l’utilisateur, mais également celui du prestataire de services de l’utilisateur qui grâce à une plateforme spécifique connaît en temps réel le fonctionnement de la chaudière et ses éventuels dysfonctionnements, avec bien sûr en aval la possibilité d’intervenir et réparer à distance. A noter que le kit ChaffoLink est disponible en version WiFi ou GPRS – via une carte SIM fournie par Chaffoteaux –, le choix de la technologie dépendant de l’existence d’une connexion WIFI accessible au niveau de la chaudière de l’utilisateur. Une fois le kit installé, il suffit au prestataire de service de configurer la passerelle de communication afin de pouvoir piloter via le site web ChaffoLink, le système de chauffage du client directement depuis ses locaux. De son côté, l’utilisateur peut télécharger l’application gratuite sur son Smartphone afin de régler à distance la température de son logement.
Loin devant Chaffoteaux, Nest – racheté par Google en 2014 – est aujourd’hui le leader mondial du thermostat connecté. Son produit éponyme est en effet véritablement intelligent. Pourquoi ? Tout simplement parce que Nest est capable de comprendre son environnement et de régler – sur la base de ses observations – la chaudière de l’habitation en fonction des habitudes de l’utilisateur. Le kit d’installation comprend le thermostat lui-même ainsi que le boitier Heat Link se connectant à la chaudière. Sitôt installé, ce dernier communique avec le thermostat Nest pour savoir quand éteindre, allumer ou moduler le chauffage. L’ensemble est adossé à la technologie Nest Sense. « Nest Sense fournit au thermostat Nest des informations utiles sur votre habitation, comme le temps nécessaire pour la chauffer et la qualité de son isolation, et sur votre système de chauffage pour le rendre encore plus efficace. Nest Sense tient également compte des conditions météorologiques. Ainsi, lorsque vous augmentez ou baissez la température, les algorithmes de Nest Sense calculent d’innombrables paramètres en arrière-plan. Ils apprennent en permanence et se mettent à jour automatiquement pour trouver le juste équilibre entre confort et économies d’énergie, ces dernières pouvant contribuer à diminuer la facture de l’utilisateur de 4 à 18 % », explique ainsi Lionel Guicherd-Callin, Responsable Marketing Produit Europe Nest. Enfin, interrogé sur les leviers de croissance du marché du confort connecté pour ces prochains mois, ce dernier évoque la compatibilité toujours plus grande des équipements avec les différents types de chauffage (gaz, bois, pompes à chaleur, etc.), mais également la capacité des thermostats intelligents à entrer en relation avec d’autres univers de l’habitat. Et pour l’heure, « seul Nest est capable de communiquer avec des objets connectés relevant de la sécurité ou de l’éclairage ».   

Et la lumière (connectée) fut !

Force est en effet de constater que l’univers de l’éclairage n’est pas en reste et participe activement depuis cinq ans à la dynamique globale du marché de l’habitat connecté. La LED est en effet désormais parfaitement en phase avec son époque qui voit l’habitat se métamorphoser à la faveur d’objets et d’utilisateurs de plus en plus connectés. Mieux, le mouvement de convergence entre les secteurs de l’électronique et de l’éclairage se concrétise par la mise en place depuis 2011 de nouvelles gammes complètes de LED connectées. Rappelons en effet qu’en tant que semi-conducteur, la LED peut être pilotée (allumée et/ou éteinte) dans des temps très courts (de l’ordre de la nanoseconde), c’est-à-dire de façon invisible pour l’œil humain. Cette capacité lui confère une double utilité : éclairage, mais également transmission de données, jusqu’à des débits de l’ordre du GigaBit/s, c’est-à-dire environ 10 fois plus rapide que le WiFi.
Certes, le marché des ampoules LED connectées – ou Smartlighting – demeure à l’état embryonnaire si l’on en croit le cabinet d’études ABI Research, selon lequel les ventes n’ont guère excédé 3 millions d’unités en 2015 sur l’Europe. Toutefois, la chute constante du prix des LED et le choix du standard ZigBee Light Link par les principaux fabricants d’éclairage comme solution première de connectivité, commencent à doper le marché. « Le ZigBee Light Link est le standard dominant le marché aujourd’hui. Il permet aux industriels de rendre les différentes gammes de produits compatibles entre elles. Maintenant, il n’est pas impossible que deux standards cohabitent dans un futur proche », nuance Aymeric Schindler, Directeur des Ventes Sengled GmbH. Dans l’immédiat, les ventes d’ampoules LED intelligentes pourraient atteindre 223 millions d’unités en 2020 et porter la base installée à plus de 400 millions d’unités d’ici la fin de la décennie. D’ici là, ABI Research prévoit lui aussi le développement sur le marché, de nouveaux standards comme le protocole Thread***** de Google et Samsung. Ces derniers auront pour conséquence de concurrencer directement ZigBee et au final de proposer de nouvelles possibilités en termes de puissance et de vitesse de connexion. Dans l’immédiat, les LED connectées constituent un moyen pour les fabricants de systèmes d’éclairage à LED classiques de rebondir sur un marché promis à une progression fulgurante. Ainsi, selon le cabinet d’analystes, les LED connectées pourraient représenter 30 % du chiffre d’affaires global généré par les ventes d’ampoules LED en 2020.

Vous avez dit Smart Lighting ?

Bref, l’heure est plus que jamais à la lumière intelligente et connectée. Travaux et recherches vont ainsi bon train chez Sengled. « Nous sommes arrivés sur le marché français en 2015 et pour nos services R&D, chaque produit doit répondre à une attente précise du consommateur et offrir au final un réel bénéfice produit. Dans ce sens, l’ampoule est pour nous la colonne vertébrale du Smartlighting sur laquelle nous venons greffer des fonctionnalités : audio, captation d’images et répéteurs WiFi », poursuit Aymeric Schindler (Sengled GmbH). Si les nouveaux arrivants comme Sengled se bousculent aux portes de ce nouveau marché des plus lucratifs, les acteurs historiques de l’éclairage ne sont pas en reste. Certains participent même du dynamisme du marché depuis plusieurs années. Rappelons ainsi que Philips a été l’un des premiers industriels à lancer des solutions d’éclairages connectés. La marque continue aujourd’hui à faire évoluer la gamme HUE, avec cette année de nouveaux produits associant économie d’énergie et la possibilité de contrôler et choisir son ambiance lumineuse à distance, sans oublier l’opportunité pour le consommateur de gérer les flux d’informations et de les transformer en flux lumineux ; les ampoules à la marque de l’industriel envoient par exemple un signal lumineux quand l’utilisateur reçoit un mail.
Autre acteur historique du marché de l’éclairage, Osram n’est pas en reste en matière d’innovations sur le Smartlighting. L’industriel a en effet lancé l’an passé la gamme Lightify réunissant ampoules, spots, ruban LED, appliques et plafonniers, le tout pilotable à distance grâce à la base Gateway permettant d’intégrer ampoules et luminaires au réseau local WiFi existant. Via l’application à télécharger gratuitement, l’utilisateur peut moduler sa lumière de mille et une façons : varier du blanc froid au blanc chaud, changer les couleurs, ajuster l’intensité ou encore programmer indépendamment chaque source lumineuse environnante sur place ou à distance. « Plusieurs modes sont ainsi disponibles pour créer automatiquement différentes ambiances lumineuses : le mode “Relax” avec une lumière chaleureuse, le mode “actif” pour une lumière stimulante – idéale pour les bureaux – ou encore le mode “stimule plante” pour le jardin. Les programmes se modulent selon le quotidien et les habitudes de son utilisateur et l’application permet de contrôler jusqu’à 50 sources lumineuses environnantes simultanément », explique Sylvie Baranek, Directrice Marketing Europe Sud Osram. Autre avantage de la gamme Osram – et non des moindres – Lightify utilise le protocole ouvert Thread, compatible avec la plupart des objets connectés de la maison.
On l’aura compris, le standard Zigbee ne fait pas – ou plus – l’unanimité. Certains industriels lui préfèrent Thread tandis que d’autres s’en tiennent au seul WiFi. « C’est le standard que tout le monde utilise et par conséquent le plus pratique et le plus simple à mettre en œuvre ; c’est donc celui auquel s’adosse notre nouvelle ampoule ConnectLed BWRGB permettant d’éclairer un intérieur en 600 lumens (équivalent à environ 60 W), mais également d’apporter une touche fun avec plusieurs choix de couleurs d’ambiance disponibles », justifie Stéphane Burlon, Responsable Marketing & Ventes Bell & Wyson. Et de préciser, « notre appli gratuite compatible iOS/Android permet de contrôler à distance la ConnectLed BWRGB+ qui dispose aussi d’une fonction timer de programmation de cycles d’éclairage ».

2016, odyssée du multiroom audio

L’innovation va également bon train chez Awox qui fort d’une quarantaine de références et de 35 % de parts de marché, est aujourd’hui leader sur le marché français du Smart Lighting. L’industriel semble d’ailleurs cette année conforter son avance grâce au SmartPEBBLE : un interrupteur révolutionnaire sans-fil permettant un contrôle gestuel très intuitif des ampoules connectées Awox sans passer par le Smartphone. Déjà primé aux CES Innovation Awards 2016, cette innovation vient d’obtenir le Prix de l’Innovation sur le dernier MedPi dans la catégorie Maison Techno.
Ainsi, à l’image de n’importe quel objet connecté, la convergence des technologies de l’éclairage et de l’électronique permet désormais de sortir la LED de sa seule fonction historique – celle d’éclairer – et de jeter des passerelles vers un nombre quasi illimité de nouveaux univers. A commencer par celui du son, ce dernier bénéficiant également de toutes les attentions des industriels en matière de connectivité. Awox propose ainsi depuis plusieurs années une gamme complète d’ampoules bénéficiant de nombreuses applications audio. Rien d’étonnant à cela lorsque l’on sait que le marché de l’audio affiche depuis quelques années une croissance durable et marquée. Son chiffre d’affaires progresse ainsi de 5 % en 2015 selon GfK. Et force est de constater que les équipements connectés tirent l’ensemble du segment vers le haut ces derniers mois. « La transition vers le Smart Audio est en passe d’être effective puisque le connecté a franchi en 2015 le cap des 70 % des ventes », confirme Michael Mathieu, Directeur Image et Telecom chez GfK.
Partie intégrante de la dynamique du Smart Audio, la technologie multiroom, certes encore minoritaire en linéaire, devrait gagner des parts de marché conséquentes en 2016. D’autant que celle-ci offre de nombreux avantages à l’utilisateur. Rappelons tout d’abord que le multiroom audio – comme son nom le laisse deviner – rend possible la distribution sans fil de contenus sonores (musique, ambiances, etc.) dans plusieurs pièces de l’habitation. Les systèmes audio multiroom sont en outre très simples à installer : pas de câbles à tirer ni de configuration informatique complexe à maîtriser. Tout fonctionne via le réseau local existant, généré par la Box du fournisseur d’accès à Internet. Une fois les enceintes sans fil multiroom en place et mises sous tension, il n’y a plus qu’à lancer l’application ad hoc sur un Smartphone ou sur une tablette pour les connecter au réseau et les paramétrer. Au-delà des seules enceintes, la technologie multiroom est – comme évoqué plus haut – disponible sur certains équipements d’éclairage. C’est le cas chez Awox, mais également chez Sengled. « Notre ampoule Pulse Flex peut s’installer dans toutes les pièces de la maison et créer un environnement multiroom sur lequel il sera possible de diffuser de la musique en streaming à partir d’applications dédiées comme Spotify ou Deezer », commente Aymeric Schindler (Sengled GmbH).

Le connecté fait son cinéma…

Qu’elle soit adossée à des sources lumineuses ou à des enceintes audio, la technologie multiroom s’inscrit par ailleurs dans des systèmes modulables et évolutifs. Il est ainsi possible de commencer par sonoriser seulement une ou deux zones, puis d’étendre progressivement le maillage audio sur l’ensemble du logement, en ajoutant une ou plusieurs enceintes ou ampoules. Enfin, la plupart des marques offrent également la possibilité d’appairer deux enceintes pour qu’elles diffusent ensemble le son en stéréo dans la même pièce. « Quelle que soit la configuration souhaitée par l’utilisateur, la mise en œuvre est simplissime : il suffit d’installer les enceintes et de lancer l’application que nous avons créée pour piloter l’ensemble », explique Olivier Chemin, Directeur France de Sonos. Leader incontesté du multiroom, Sonos va encore plus loin en donnant à l’utilisateur la possibilité de mettre en place un système home-cinéma sans aucun câble entre les différentes enceintes. Et Olivier Chemin de poursuivre, « nous misons avant tout sur la convivialité et la notion de musique partagée par toute la famille et dans toute la maison ainsi que sur des équipements polyvalents comme notre barre de sons, valable pour l’audio comme pour le home-cinéma et bien sûr pilotable à distance ».
Pièce centrale des installations home cinema, la TV n’est d’ailleurs pas en reste dans l’univers de l’habitat connecté. Elle fut même il y a quelques années le premier équipement connecté de la maison. C’était en 2000, le prototype était signé Thomson et Microsoft. Depuis, l’eau a coulé sous les ponts et plus d’un milliard d’appareils connectés sont aujourd’hui rattachés à l’écosystème de la télévision dans le monde. Le cabinet d’études Futuresource prévoit d’ailleurs que cette tendance devrait s’accentuer. Selon ce dernier, dès 2017, 4 téléviseurs sur 5 vendus dans le monde seront connectés. Cette évolution est fort logiquement liée à la démultiplication des services et contenus offerts aux utilisateurs. De nouveaux services sont en effet régulièrement créés pour atteindre toutes les plateformes et interfaces connectées avec un niveau de qualité de type broadcast, notamment pour la Vidéo On Demand (VOD). A titre d’exemple, signalons l’application Google Cast aperçue sur le dernier CES de Las Vegas permettant d’afficher le contenu des Smartphones sur l’écran du téléviseur. Un simple effleurement de l’icône Cast sur le mobile suffit à envoyer la photo ou la vidéo YouTube vers l’écran de la TV. Pour ne pas en perdre une miette…

Chut, mon four réfléchit !

Du salon à la cuisine, il n’y a qu’un pas, que de nombreux industriels du marché de l’habitat connecté n’hésitent plus à franchir… D’autant que côté utilisateur, les attentes sont nombreuses sur la connectivité de cette pièce désormais dédiée au “bien manger”, mais également au bien-être et au bien recevoir. Conviviale par excellence, la cuisine a ainsi aujourd’hui la connotation de “révélateur social” qu’a eu pendant longtemps le séjour. Rien d’étonnant donc à ce que selon le Smart Home Research Group, 61 % des consommateurs français interrogés souhaitent que la cuisine soit la première pièce de la maison à passer au tout intelligent, loin devant le salon (11,3 %) et la chambre (16,6 %). Un message reçu cinq sur cinq par les industriels du GEM et PEM culinaire qui innove à tour de bras ces derniers mois. Résultat, les équipements culinaires sortis récemment sur le marché sont pour la plupart connectés. C’est entre autres le cas des fours, parties essentielles et intégrantes d’un univers de la cuisson désormais 100 % intelligent. Le tout nouveau four à vapeur Combi Steam Pro Smart d’Electrolux est ainsi équipé d’une caméra et d’une application dédiée permettant à l’utilisateur de suivre la cuisson des aliments à distance. Et bien sûr de corriger température et temps de cuisson via un Smartphone ou une tablette si nécessaire…
Candy Hoover fait lui aussi faire un grand bond en avant au cuisinier amateur grâce aux fours Full Touch, concept permettant de commander et d’afficher chaque fonction grâce à un écran tactile intégré à la porte. « On peut également voir des recettes vidéo préchargées et enrichir la gamme de recettes disponibles au fil de sa pratique ; une caméra permet par ailleurs d’afficher à distance l’avancement de la cuisson sur son Smartphone ou sa tablette, via notre application Simply-Fi », commente Julie Viltard, Chef de produits encastrables Candy. Idem chez Hotpoint où la technologie de l’industriel est désormais en mesure de transformer un simple four en un équipement de cuisson intelligent, c’est-à-dire conscient de son milieu et adapté à son utilisateur. « La gamme premium Class 9 embarque des fonctionnalités avancées comme la fonction Multirecettes qui automatise les cuissons et guide les utilisateurs dans leurs préparations », confirme Massimiliano Fugini, Directeur de la marque Hotpoint chez Whirlpool EMEA.

Du chaud au froid connecté…

Ce qu’il est convenu désormais d’appeler le Smartcooking concerne les fours, mais également désormais les plaques de cuisson qui, au travers de nouvelles gammes, concilient fonctionnalités innovantes et design novateur. Sur son tout récent plan de cuisson à induction SmartCook, Whirlpool parvient par exemple à associer la technologie la plus avancée – le désormais célèbre 6ème Sens – à un design moderne et épuré. L’appareil est équipé d’une interface tactile intuitive et doté de 40 programmes, sans oublier un ensemble de recettes pas-à-pas préprogrammées. Résultat, « il suffit de sélectionner le type d’aliments et la manière de le préparer : la température idéale se règle automatiquement pour un plat cuisiné à la perfection », commente Sandrine Maguin, Directeur Marketing et Communication France Whirlpool. Au final, la tendance à la connectivité des appareils culinaires influe sur les lignes et les formes des équipements. C’est le cas chez Whirlpool, mais également chez Miele. Les nouveaux plans à induction dotés de la fonction TempControl du fabricant allient ainsi contemporanéité du design et “intelligence” culinaire. Un système de capteurs innovant, exclusivité de l’entreprise allemande, relève en effet les caractéristiques techniques de l’ustensile utilisé (casseroles, marmites, etc.) et maintient la température idéale de manière constante. Bref, impossible de rater sa recette… D’autant qu’en plus des assistants culinaires disponibles sur la plupart des équipements de cuisson, il est désormais possible de se faire aider en cuisine par son frigo !
Signé Electrolux, le réfrigérateur Food View Bridge intègre en effet deux caméras destinées à recenser le contenu du frigo. En fonction des aliments présents, des idées de recettes sont envoyées directement vers le nouveau four Combi Steam Pro Smart via l’application My App Electrolux. Bref, au-delà des différentes fonctionnalités facilitantes évoquées plus haut, le connecté jette des passerelles entre les différents univers du GEM et du PEM. C’est le cas chez Electrolux, mais également chez Siemens où une gamme connectée forte de six appareils réunit réfrigérateur, lave-vaisselle, four, machine à café lave-linge et sèche-linge. Fruit de plusieurs années de travail de la part des services R&D du groupe, les différents équipements de la gamme sont connectés à une seule et même application baptisée Home Connect. Celle-ci fonctionne sur tablette, Smartphone iOS et Android et permet le pilotage à distance des appareils, mais également l’échange de données et d’informations entre les équipements. « Il s’agit de faciliter le quotidien de l’utilisateur grâce notamment à la possibilité de piloter les appareils depuis son mobile, de découvrir des recettes et astuces en cuisine ou encore de profiter d’un SAV à distance », explique ainsi Blandine Got, Directrice Marketing de la marque.

Objet connecté : quelle valeur d’usage ?

La gamme proposée par Bosch est fort logiquement complémentaire. Pas de machine à café, mais deux lave-vaisselle – l’un encastrable et l’autre en pose libre –, un four, un réfrigérateur, un lave-linge et un sèche-linge. Le tout connecté via la même application que Siemens. « Notre objectif était dès le départ d’offrir à l’utilisateur une application parfaitement sécurisée. Celle-ci garantit donc la parfaite confidentialité des données personnelles. Des experts en cyber sécurité ont minutieusement validé la fiabilité du système. Résultat, l’application a été testée et approuvée par l’organisme de certification allemand TÜV », confirme Guy Foare, Directeur projet Bosch Smart Home. Renseignements pris auprès des professionnels, la sécurisation des données personnelles est d’ailleurs l’une des premières attentes du consommateur en ce qui concerne l’habitat connecté. Ce dernier l’associe même directement à la valeur d’usage de l’équipement connecté.
Car, on l’aura compris, quel que soit l’univers de l’habitat concerné – sécurité, éclairage, audio, GEM, PEM, etc. – c’est avant tout la valeur d’usage associée à l’objet connecté qui prime. C’est ce que révèlent la plupart des études réalisées récemment sur le sujet, notamment celle publiée l’an dernier par le Groupement Interprofessionnel des Fabricants d’Appareils Ménagers (Gifam). Interrogés sur la pertinence de l’offre actuelle en matière d’électroménager connecté, les consommateurs se montrent plutôt intéressés certes, à condition toutefois que l’équipement connecté apporte un réel service. « Il n’y a pas de fantasmes de la part des utilisateurs, mais des attentes très rationnelles, comme gagner du temps, aider à la gestion du quotidien, avec l’idée aussi de faire des économies », confie ainsi Damien Chicaud, Directeur des études au Gifam. Les résultats de l’enquête montrent qu’en tête des applications retenues figurent un dispositif détectant les pannes, suivi d’un écran sur le réfrigérateur pour vérifier la durée de vie des produits, ou encore un indicateur pour le gros électroménager sur la consommation mensuelle d’eau et d’électricité. Au final, 44 % des personnes interrogées voient ainsi un “plus” dans la connectivité des équipements. Ce qui démontre un intérêt pour ces nouvelles technologies dans l’électroménager, mais pas massif. « Cela prendra du temps pour mettre en valeur ces innovations auprès des consommateurs », ajoute Damien Chicaud. Sauf si la distribution met les bouchées doubles…
En effet, toujours selon les conclusions de la dernière étude du Smart Home Research Group, tout ou presque reste à faire pour les distributeurs français sur l’univers de l’habitat connecté. 70 % des consommateurs français interrogés se déclarent ainsi peu ou pas informés en la matière, avant de préciser que ce sont les canaux de distribution qui sont leur première source de renseignement. Résultat, ils ne sont que 11 % des sondés à juger bonne la communication des revendeurs autour des objets connectés pour la maison. La marge de progression est donc énorme pour la distribution. En matière d’information, de conseils, mais également de logistique… « L’information et le conseil passent par ailleurs par la possibilité pour le vendeur de faire des démonstrations et de mettre le produit connecté en situation, ce qui suppose que le WiFi se démocratise en distribution, car trop peu de points de vente en sont pour l’heure équipés », constate pour sa part Blandine Got (BSH). Se pose bien sûr également le problème – ô combien récurrent ! – de la formation des vendeurs. Sur ce point, certains affichent une certaine longueur d’avance. A l’image de D-Link qui organise des tables rondes à destination de ses clients. « Celles-ci nous permettent de sensibiliser pédagogiquement la distribution grand public et professionnelle et au final de compléter ainsi le travail de terrain réalisé au quotidien par nos commerciaux », explique ainsi Marilyne Michel (D-Link). Même écho chez Osram… « Il faut de la formation, mais également de l’animation sur les points de vente afin d’apporter davantage de visibilité aux produits », complète Sylvie Baranek, Directrice Marketing Europe Sud.

Distribution : de la réalité virtuelle à la mise en place d’une offre de services

Bref, industriels et distributeurs avancent main dans la main. Résultats, certaines enseignes font actuellement preuve de leur capacité à valoriser l’offre des industriels et à accompagner le consommateur dans sa découverte d’un univers souvent très technique. Leroy Merlin et Castorama ont par exemple mis les bouchées doubles en avril dernier pour accompagner le lancement des nouveaux packs de sécurité connectée de Somfy. Le spécialiste de l’automatisation des accès à l’habitat et les deux GSB se sont en effet associés pour proposer aux consommateurs une véritable expérience immersive dans l’univers de la maison connectée. Soit sept scénarios de réalité virtuelle à vivre en direct grâce aux lunettes Oculus. Le scénario “intrusion extérieure”, par exemple, simule une tentative de cambriolage dans la maison : un intrus tente de pénétrer à l’intérieur de la maison, activant ainsi le détecteur d’ouverture qui déclenche la mise en route de la sirène intérieure intégrée à la base sécurité de TaHoma. Au final, le consommateur vit l’expérience comme s’il était à l’intérieur de la maison en bénéficiant d’une vue à 360 °C, et peut ensuite retrouver le produit testé en rayon. Comme quoi tout est possible pour qui souhaite faire preuve de pédagogie en matière de prise en main des objets connectés.
C’est également l’avis d’Adam Simon, Directeur en charge de la grande distribution chez Context. « Nous constatons moins de freins à l’achat qu’il y a six mois », précise ce dernier. D’autant que pour s’équiper, le consommateur français sollicite pour l’heure une large typologie de circuits. A commencer par les distributeurs en ligne comme Amazon (87 %) et la GSA (69 %). Il recourt également à l’opérateur télécom SFR (64 %) et le distributeur spécialisé Darty (62 %). Pourtant, si les objets connectés pour la maison sont – comme évoqué plus haut – souvent en lien avec la consommation énergétique, seule 60 % des français pensent à EDF pour s’équiper. Suivent ensuite Orange (59 %), Leroy Merlin (26 %) et le grand magasin Printemps (17 %). Bref, la versatilité semble être pour le moment la caractéristique première du candidat à l’achat d’objet connecté. Les distributeurs – tous circuits confondus – ont donc une carte à jouer afin de capter les achats présents et futurs des consommateurs. En misant sur la pédagogie, mais également – comme cela se fait sur la plupart des marchés proposant des produits à forte valeur ajoutée technologique – sur une offre de service ad hoc. « Il est crucial pour le décollage du marché d’associer la vente d’objets connectés avec des prestations de conseil, d’installation et de maintenance. Cela peut se traduire par des concepts de service type SHaaS : Smart Home as a Service****** », confirme ainsi Benoît van den Bulcke, Administrateur de la Fédération Française de Domotique.
Bref, qu’ils soient proposés en ligne ou sur le point de vente, l’univers de l’habitat connecté a besoin de services pour pérenniser son développement. Dans l’immédiat, certains objets eux-mêmes offrent les services nécessaires à leur prise en mains. Des technologies issues de l’intelligence artificielle apportent en effet de la valeur ajoutée aux objets connectés les plus récents. « C’est le connecté génération SASO – Self Adaptated Self Organized – avec des équipements qui apprennent à intégrer les comportements et les habitudes de l’être humain qui se trouve de fait dispenser de toute intervention sur l’objet connecté », explique Alain Kergoat, Fondateur et associé de l’agence Urban Practices. Au final, le connecté tend à inverser les rôles entre l’homme et la machine ou du moins à les redistribuer. Ce n’est plus à l’être humain de s’habituer et de s’adapter à l’objet, mais l’inverse. Au final, fort de cette nouvelle génération d’objets connectés “auto-apprenant” et des nouveaux systèmes autonomes et intelligents type Concierge – développé par Unistudio – capables d’intégrer toutes les fonctionnalités des objets connectés de la maison en un seul équipement, le marché de l’habitat connecté semble promis à un bel avenir. Non content de redéfinir la valeur d’usage de la maison en faveur d’une intelligence nouvelle, il trace déjà les contours d’une nouvelle forme d’habitat intégrant toujours plus de fonctionnalités et toujours plus de services. Bref, la révolution ne fait que commencer. Restez en ligne…

* Créé en juillet 2015, le Smart Home Research Group réunit la Fédération Française de Domotique (FFDomotique), la Smart Home & Buildings Association du Royaume-Uni (SH&BA) et la Smart Home Initiative Deutschland d’Allemagne (SHID).
** Les wearable désignent les produits connectés portables comme les montres connectées ou Smartwatch.
*** Caméras connectées
**** Maison intelligente, douce maison intelligente…
***** Thread est un protocole proposé par Nest (racheté par Google en 2014) et Samsung. Il permet de transmettre des données de manière entièrement sécurisée et automatisée tout en consommant un minimum d’énergie. Le protocole domotique Thread concurrencera donc directement les autres protocoles déjà bien implantés comme le WiFi, le Bluetooth ou le Zigbee.
****** Le Smart Home as a Service s’inspire de la technologie SaaS – Software as a Service – désignant les “Logiciels en tant que Service” qui sont hébergés sur le serveur d’un prestataire, accessibles à distance (par exemple au travers d’un navigateur web), et dont la facturation s’effectue sous forme d’abonnement, ou proportionnellement à leur utilisation.